NET PRESS
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Burundi - Anniversaire.
Le Burundi se souvient de son héros national, 40 ans après son lâche assassinat.
Bujumbura, le 12 septembre 2001 (Net Press). Les Burundais commémorent ce samedi 13 octobre 2001, le 40ème anniversaire de l'assassinat du prince Louis Rwagasore, symbole du nationalisme burundais à l'instar de ses pairs Patrice Lumumba du Congo Kinshasa, Julius Nyerere du Tanganyika, Kwame N'Krumah du Ghana, etc. qui ont propulsé leurs pays sur les rails de la liberté et de l'indépendance.
Le prince Louis Rwagasore, fils aîné du roi Mwambutsa IV, s'était particulièrement illustré dans le combat pour l'honneur et la dignité de ses concitoyens face à une administration coloniale paternaliste belge, qui considérait les Burundais comme d'éternels enfants, incapables de se prendre en charge et par conséquent de gérer leur pays. Tous les moyens furent mis en œuvre pour convaincre les Burundais qu'il ne leur fallait pas une indépendance immédiate, des partis politiques furent créés à partir de 1958 pour accréditer cette vision et pour combattre l'UPRONA du prince Louis Rwagasore qui voulait le départ immédiat du colonisateur.
Rwagasore fut assassiné lâchement le 13 octobre 1961 par un Grec du nom de Kageorgis, en complicité avec des politiciens burundais avides de leurs propres intérêts et qui étaient de surcroît à la solde du colonisateur. Ces derniers avaient compris que le brave prince menaçait leurs intérêts et ils n'ont pas tardé à le faire éliminer par ses propres concitoyens qui n'ont pas pu résister à l'appât du gain.
Aujourd'hui, 40 ans après, le même scénario réapparaît au sein de la classe politique dont une partie développe un complexe d'infériorité vis-à-vis des représentants de la nébuleuse "communauté internationale" et en tire sans doute profit.
Ainsi, la classe politique burundaise trouve "normal" que le président et le vice-président soient désignés par des étrangers et sur une terre étrangère qui, de surcroît, héberge des mouvements terroristes qui tuent quotidiennement des civils au Burundi. Les consultations pour former le gouvernement se font à l'étranger et sous les auspices des étrangers. Certains futurs dignitaires de la transition seront gardés par des militaires étrangers et seront soustraits à la justice par la honteuse loi d'"immunité provisoire"…
Si nous en sommes là, c'est essentiellement parce que l'homme politique burundais a trahi l'héritage du prince Louis Rwagasore qui voulait bâtir un Etat de droit pour les Burundais. Dans son entendement, le prince Louis Rwagasore rêvait d'un Burundi dirigé par des Bashingantahe qui devaient mettre à l'écart des hommes sans honneur, sans dignité et sans amour-propre. Il combattait "gushirisoni" (manquer de scrupules) et avait promis un combat sans merci contre les "Ibisuma, abambuzi n'imihimbiri " (Voleurs, détourneurs des deniers publics et les hommes de paille), etc. Les principes élémentaires qui fondent l'existence d'un Etat sont constamment violés par ceux-là mêmes qui devraient les faire respecter : la justice et la morale ne sont plus que des slogans, on tue froidement sans remords et impunément, on détourne les deniers publics sans inquiétude ni scrupule, de grandes personnalités sombrent dans la pédophilie et le détournement des mineurs souvent délaissés par leurs parents qui ont renoncé à leur mission d'éduquer les enfants …
Bref, les Burundais devraient se prosterner devant le mausolée du prince Louis Rwagasore et demander pardon au Tout-Puissant pour avoir trahi son héritage et lui demander la force de reconnaître leurs fautes et de les corriger, car autrement, la loi de la jungle continuera à primer sur le droit et par conséquent l'Etat et la Nation burundaise disparaîtront comme ce fut le cas pour plusieurs Nations du monde dans l'histoire de l'humanité.
Burundi - Société.
Les pauvres n'auraient-ils plus le droit d'élever leurs enfants au Burundi?
Bujumbura, le 12 octobre 2001 (Net Press). Telle est la question que l'on est en droit de se poser à la vue d'une lettre de plainte destinée au chef de l'Etat par une jeune femme qui affirme avoir été dépouillée de ses 2 enfants par feu Mgr. Jean-Berchmans Nterere au seul motif qu'elle était (et reste) "indigente" et donc incapable de les élever, du moins selon le prélat.
L'histoire remonte à il y a plusieurs mois, lorsque Mgr. Nterere est allé rendre visite à la jeune femme du nom de Jolyse Niyonizigiye dont l'un des enfants était hospitalisé à l'hôpital de Muyinga. Quelques jours plus tard, le prélat est revenu et a pris avec lui les deux petits garçons (qui sont jumeaux), à l'insu de leur mère qui s'était momentanément déplacée. La mère s'est aussitôt mise aux trousses de l'évêque qui, entretemps, était déjà arrivé à son domicile. Il a refusé de rendre les 2 enfants à leur mère qui a plutôt été rouée de coups par les veilleurs de l'évêché. Ceux-ci lui ont expliqué qu'avec ses moyens, elle ne pouvait pas élever des enfants, raison pour laquelle elle n'avait qu'à vider les lieux. A son refus d'obtempérer, elle a été conduite vers la brigade militaire de Muyinga où elle a été emprisonnée. Après sa libération, elle a décidé de se réfugier à Bujumbura où elle a demandé l'aide de plusieurs autorités, mais en vain.
La jeune femme a essayé de récupérer ses enfants après le décès de l'évêque mais elle a été rattrapée alors qu'ils étaient en cours de route. Les 2 enfants ont été repris et aménés au domicile du procureur de la République à Muyinga.
A l'heure qu'il est, la malheureuse femme affirme ne pas savoir où se trouvent ses deux enfants. Elle déclare en outre qu'elle a une peine indescriptible, raison pour laquelle elle implore le chef de l'Etat de l'aider à récupérer ses enfants, afin de recouvrer en même temps sa dignité de parent. Car, selon elle, l'argument de pauvreté ne tient pas du tout et par ailleurs, conclut-elle, "nul ne saurait être aidé contre son gré".
Burundi - Justice.
Les présumés assassins du président Ndadaye de nouveau à la barre.
Bujumbura, le 12 octobre 2001 (Net Press). La cour de cassation, toutes chambres réunies, a siégé ce vendredi 12 octobre 2001 pour juger l'affaire relative à l'assassinat du président Melchior Ndadaye connu sous le nom de "dossier Kamana et consorts".
Huit prévenus avaient comparu, parmi lesquels MM. François Ngeze, Charles Ntakije (ancien ministre de la défense nationale sous Ndadaye), Jean Bikomagu (alors chef d'Etat-Major de l'armée) tandis que Isaïe Nibizi (commandant du camp Muha à l'époque) avait été représenté par son avocat.
Cette affaire dans laquelle environ 80 personnes sont impliquées. Certains des prévenus sont accusés de "non assistance à personne en danger" alors que l'autre catégorie est accusée d'avoir mené un "mouvement insurrectionnel".
Le ministère public n'ayant pas parvenu à convaincre la défense de l'indivisibilité de l'arrêt (pour lui, le dossier est un et indivisible), la cour a remis l'affaire au 11 janvier 2002.
Burundi - Justice.
M. André Nkundikije refuse obstinément de reconnaître la paternité d'un enfant qu'il aurait eu avec une nièce à lui.
Bujumbura, le 12 octobre 2001 (Net Press). La salle des audiences du tribunal de résidence de Rohero était très animée ce matin et pour cause. Un procès opposant M. Nkundikije et son présumé fils naturel, Audry Kwizera, dont il refuse obstinément la paternité, avait attiré en effet beaucoup de monde.
Tout commence en 1979 quand Audry Kwizera fut mis au monde par sa mère. Selon les témoins à charge, Nkundikije aurait matériellement aidé son fils naturel et celui-ci n'a jamais cessé d'aller rendre visite à son père jusqu'en 1994, date à laquelle Nkundikije avait tenté de le récupérer sans succès, en raison de l'opposition de sa femme légitime.
Un témoin à décharge a réfuté les affirmations de la partie adverse selon lesquelles Nkundikije aurait hebérgé la nommée Spès Congera, mère de Kwizera de juillet 1978 à février 1979, période à laquelle elle aurait conçu, puis chassée. Elle fut récupérée par un de ses frères du nom de Marc Bukuru qui faisait partie des témoins à charge de l'accusé.
De tous ces témoignages, ceux qui ont frappé le public ont été ceux de 2 hommes (dont un fervent chrétien) vivant à Rugombo où a évolué le jeune Audry Kwizera (chez l'une de ses tantes maternelles). Ils ont affirmé avoir vu à plusieurs reprises M. Nkundikije venir voir son fils. Par ailleurs, a déclaré un des deux témoins, "Nkundikije m'a demandé de lui vendre une propriété pour son fils qui vivait près de chez nous".
M. Nkundikije a rejeté en bloc toutes ces "allégations" arguant que ce ne sont que des montages dont l'auteur est un de ses demi-frères. Selon lui, les deux témoins ne sont pas du tout crédibles, car ils sont au service de son demi-frère qui est pauvre et lui en veut par jalousie, et serait probablement lui-même manipulé par ses adversaires politiques. Précisons qu'il y avait dans la salle d'audience, une dame se prénommant Paula-Alice (plus connue sous le sobriquet de Kabibi) dont Nkundikije serait le père même s'il l'a reniée à 21 ans. Après avoir écouté toutes les parties, l'affaire a été mise en délibérée.
Burundi - Religion.
Au "Foyer de charité", une prêche qui a soulevé des vagues ....
Bujumbura, le 12 octobre 2001 (Net Press). "Cette parole est dure, qui peut l'écouter?" (Jn 6, 60). Hier soir, le "Foyer de charité" de Bujumbura, situé tout près de la résidence de Mgr. Michel Ntuyahaga qui a pris sa retraite, était plein à craquer comme tous les jeudis en fin d'après-midi. L'auditoire, féminin aux 3/4 comme d'habitude, suivait très attentivement les commentaires sur l'actualité du moment, à partir d'un passage tiré des Saintes Ecritures.
L'abbé Amand Kana, d'habitude excellent prédicateur très convaincant, l'a été beaucoup moins hier, lorsqu'il a tenté d'expliquer quelle devrait être, à son avis, l'attitude des militaires face aux "assaillants". Surtout ne pas tirer sur eux, a martelé plus d'une fois le bon prêtre, devant un public médusé. Il faut essayer de les capturer afin de les faire comparaître devant la justice. "Tu ne tueras point", a-t-il rappelé se référant aux dix commandements remis jadis par Yahveh à Moïse dans le désert du Sinaï.
Voilà pour la théorie. Oubliés donc tous les drames qu'a connus l'humanité depuis l'antiquité, oubliés les Interahamwe, les terroristes-génocidaires qui sèment la mort dans ce pays en chantant "Alleluia" et en se référant eux aussi à la Bible, oublié également Oussama Ben Laden dont les sympathisants qui ont enfoui dans les décombres de Manhattan plus de 5.000 Américains sont assis, selon lui, à la droite d'Allah.
En entendant hier la prêche de l'abbé Amand Kana, le public avait l'impression d'avoir devant lui un homme complètement déconnecté des réalités de ce pays et du monde tout cours. Il est tout simplement irréaliste de demander aux militaires de ne pas répondre au feu par le feu. Et puisque la Bible devient la référence, faut-il rappeler que Jésus-Christ a dit lui-même que "ceux qui tueront par le glaive périront par le glaive"?
En 1759 déjà, Voltaire, dans son style sarcastique qu'on lui connaît, raillait les soldats du pape qui, pour mieux se défendre face à l'ennemi, jetaient les armes à terre, s'agenouillaient et demandaient l'absolution de leurs péchés. Si au moins les mêmes bonnes paroles pouvaient être prêchées aux "assaillants" afin qu'ils essaient eux aussi de capturer les militaires au lieu de les tuer, ce serait la fin de la guerre au Burundi. Les belligérants ne tarderaient pas de transformer leurs captures réciproques en embrassades et chanter en balançant les bras comme nous en avons l'habitude depuis 1988, "twese turi bamwe" (nous sommes tous les mêmes). Un monument serait érigé à la gloire d'Amand Kana en lieu et place de Nelson Mandela.
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