NET PRESS

Chers lecteurs,
Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour la qualité du dernier envoi et vous prions de bien vouloir accepter de recevoir la bonne version de notre livraison de ce vendredi 13 avril 2001.
La Rédaction.
Burundi - Justice.
L'affaire de l'assassinat du président Ndadaye de nouveau à la barre.
Bujumbura, le 13 avril 2001 (Net Press). L'affaire de l'assassinat du président Melchior Ndadaye qui avait été clôturée il y a quelques années par un acquittement de certaines personnes et par une condamnation de certaines autres, vient d'être de nouveau appelée à la barre. En effet, non content de la première issue, le procureur général de la République avait interjeté appel et la nouvelle audience avait été fixée au 13 avril 2001. Les concernés par cette affaire comme le colonel Jean Bikomagu (Chef d'Etat-Major à l'époque), le colonel Charles Ntakije (ministre de la Défense au moment des faits), le colonel Isaïe Nibizi (chargé de la sécurité des institutions), M. François Ngeze (qui devait présidet aux destinées du pays), ... avaient (presque) tous comparu.
D'entre de jeu, les avocats de la défense ont signalé un vice de forme notamment dans la façon dont le ministère public de recours a fait recours. Ils ont donc demandé à la cour de régulariser les assignations avant de faire comparaître les concernés. La cour a jugé fondé cet argument et l'audience a été remise au 29 juin 2001.
Burundi - CEEAC.
Bujumbura accueille prochainement une réunion ministérielle sur les questions de sécurité en Afrique Centrale.
Bujumbura, le 13 avril 2001 (Net Press). Une réunion ministérielle sur les questions de sécurité en Afrique Centrale s'ouvre ce lundi 16 avril 2001 à Bujumbura sous les auspices du comité consultatif permanent des Nations-Unies sur les questions de sécurité dans cette partie de l'Afrique, apprend-on de source autorisée.
Cette réunion qui durera 4 jours regroupera les représentants des onze pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC). Notons que la plupart des pays de l'Afrique centrale dont le Burundi, la RDC, le Congo-Brazzaville et l'Angola connaissent des conflits internes vieux de plusieurs années.
Burundi - Sécurité.
Les terroristes-génocidaires tirent à la roquette sur un véhicule de transport sur l'axe Gitega-Ratana.
Gitega, le 13 avril 2001 (Net Press). Ce matin, 13 avril 2001 un minibus de transport en commun s'est fait tiré dessus à la roquette par les terroristes-génocidaires sur l'axe Gitega-Rutana alors qu'il se rendait à Rutana. Il était vers 9 heures quand des terroristes-génocidaires ont fait irruption au lieu-dit "Kwa Gitambara" (chez Gitambara) dans la commune Bukirasazi en province Gitega tirant à la roquette le minibus. On ne dispose pour le moment d'aucune précision sur le bilan des dégâts occasionné par cette attaque.
Les mêmes terroristes-génocidaires ont également perturbé la sécurité ce matin et durant la nuit dernière au chef-lieu de la province Muramvya et sur les collines environnantes. En effet, au cours de cette nuit, les terroristes-génocidaires ont attaqué les collines de Musagara et Kayogoro (Muramvya) et Kivyeyi de la commune de Kiganda. Ils ont tenté d'attaquer le chef-lieu de la province où ils ont été repoussés par les forces de l'ordre alors qu'ils venaient de brûler une camionnette garée au Quartier Kumugumya au centre-ville de Muramvya. En plus de cette camionnette, les terroristes-génocidaires ont brûlé 12 maisons et 2 vaches. Beaucoupe de biens ont été pillées par ces tueurs, dont d'innombrables lapins, moutons et chèvres. Le chef-lieu de cette province comptabilisait depuis ce matin plus de 10.000 personnes déplacées et abandonnées à leur sort, l'unique ONG oeuvrant dans la province, "Solidarités", a décidé de se retirer momentanément.
Il est à préciser que la route Muramvya-Gitega était toujours impraticable jusqu'en début d'après-midi. Pour le moment, ces terroristes-génocidaires sont aussi signalés dans la localité de Mugaruro, en commune Gishubi de la province Gitega.
Burundi - Conférence de presse.
Le Collectif des partis pour la candidature du colonel Epitace Bayaganakandi anime une conférence de presse.
Bujumbura, le 13 avril 2001 (Net Press). Le Collectif des partis pour la candidature du colonel Epitace Bayaganakandi à la présidence de la transition anime une conférence de presse ce samedi 14 avril 2001 à l'hôtel Novotel, à partir de 10h. L'orateur du jour sera le candidat lui-même. Rappelons que cette conférence se tient au lendemain du retrait pas encore confirmé du parti Vert-Intwari de ce collectif. Elle se tient également alors que le porte-parole de ce collectif, le président du parti MSP-Inkinzo se trouve toujours incarcéré à la prison centrale de Mpimba et que certains partis du G10 en dehors de ceux soutenant le colonel Bayaganakandi appellent vivement à la cohésion au sein de ce groupe.
Burundi - Divers.
Un gouverneur de province bat en public et tente de poignarder un de ses administrés ...
Ruyigi, le 13 avril 2001 (Net Press). De retour d'une tournée qui l'avait conduit à Kayongozi (commune Bweru) en date du 10 avril 2001, le gouverneur de la province Ruyigi, M. Isaac Bujaba, est allé se désaltérer en compagnie de ses enfants au bar "Frieden" ("amitié" en allemand) de la Maison Shalom de Ruyigi vers 18 heures. Selon des temoignages recueillis sur place auprès des témoins oculaires de la scène, on a vu vers 21 heures le gouverneur Bujaba s'en prendre et même battre le directeur du Lycée Nyankanda, M. Pascal Rushugutanya. Selon les mêmes témoignages, le directeur du lycée a préféré vider les lieux afin d'éviter tout scandale. M. Bujaba l'a alors rappelé par le biais de sa fille Kelly. M. Rushugutanya qui n'a pas tardé à s'exécuter a été immédiatement renversé par son gouverneur dans une flaque d'eau, sous les pieds du procureur de la République en province Ruyigi. M. Bujaba a ensuite sorti d'une de ses poches une baïonnette qu'il a essayé d'enfoncer vers le coeur de M. Rushugutanya. Fort heureusement, la baïonnette a raté sa trajecoire puisqu'elle est allée s'échouer dans la flaque d'eau en passant par le petit espace se trouvant entre le bras gauche et la poitrine de la victime. Le directeur du Lycée de Nyankanda a pu se sauver mais il n'échappera pas longtemps à son tortionnaire car dès le lendemain, le gouverneur Bujaba a ordonné son emprisonnement. Notons également que selon les mêmes témoignages recueillis à Ruyigi par notre Rédaction, le gouverneur Bujaba avait pris un verre de trop et que ce n'est pas la première fois qu'il est à l'origine des incidents du genre.
Nous avons essayé à maintes reprises de joindre le gouverneur Bujaba, mais en vain. A un moment, il a même brusquement interrompu notre conversation téléphonique dès qu'il a reconnu notre numéro de téléphone qui venait de s'afficher sur son portable. Dans l'avant-midi, il avait pourtant accepté de répondre ultérieurement à nos questions, expliquant qu'il se trouvait dans l'immédiat en circulation (routière).
Burundi - Droits de l'Homme.
M. Diomède Rutamucero exprime à Mme Robinson sa "grande indignation" à la suite de son expulsion de force de l'Office des Droits de l'Homme au Burundi.
Bujumbura, le 13 avril 2001 (Net Press). Le président de l'organisation d'auto-défense PA-Amasekanya, M. Diomède Rutamucero vient d'écrire à Mme Robinson, Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l'Homme, afin de lui exprimer sa "grande indignation" à la suite de son expulsion de force de l'Office des Droits de l'Homme au Burundi où il s'était réfugié depuis le 23 janvier 2001. Il a ajouté en effet qu'il avait cherché refuge au sein de cet office car, il se considère comme étant victime d'une "violation flagrante des droits de l'homme". Et de lui rappeler qu'il lui avait adressé une première lettre en date du 30 janvier 2001 et une deuxième le 1er mars 2001, lui expliquant toutes les deux sa situation. Il s'étonne que pour toute réponse, il ait reçu le message suivant : "me faire sortir de vos locaux de force". Il a ajouté que ce comportement a étonné les citoyens burundais qui avaient placé leur confiance dans le Haut Commissariat des Droits de l'Homme et qui restent convaincus qu'une telle décision ne peut venir d'elle. Enfin, M. Rutamucero qui estime que Mme Robinson ne peut pas prendre une "décision aussi déshonnorante" malgré ce qu'avancent MM. Mokhtar Cisse et Guy de Batista (respectivement Directeur et chargé de la sécurité à cet office), lui demande de se dissocier officiellement de ses actes de barbarie en "prenant des mesures administratives qui s'imposent" contre ces 2 hommes qui sont pour lui les véritables responsables de son expulsion. (Voir www.cbinf.com/netpress.bi, Rubrique "Agora").
Burundi - Media.
Le Conseil National de la Communication menace de suspendre ou d'interdire les périodiques "La Lumière" et "Umunywanyi INFOP".
Bujumbura, le 13 avril 2001 (Net Press). Le Conseil National de Communication (CNC) a tenu une réunion extraordinaire le 11 avril 2001 pour faire le point sur l'environnement médiatique actuel. A l'issue de cette réunion, le CNC a rendu publique une déclaration dans laquelle il a sévérèment critiqué et même "condamné" l'hebdomadaire "Umunywanyi INFOP" et le bimensuel ""La Lumière", accusés tous les 2 d'entretenir une "propagande et de la manipulation à caractère divisionniste".
Le premier périodique est accusé d'avoir publié dans son édition du 6 avril 2001 "des écrits faisant la propagande de la haine raciste et de la xénophobie" et le second de "mélanger (...) quelques fausses informations et rumeurs, insinuations et suggestions divisionnistes" et de "manipuler l'opinion avec des faits déformés, amputés ou rées".
Le CNC appelle les deux périodiques à faire preuve de responsabilité et précise qu'il n'hésitera pas à prendre "des mesures de suspension ou d'interdiction pour rendre la presse saine et propre à la consommation du public". (Voir www.cbinf.com/netpress.bi, Rubrique "Agora").
Rwanda - Afrique - Sommet.
Kigali s'apprête à accueillir le premier sommet des "First Ladies" d'Afrique sud-saharienne consacré au SIDA.
Kigali, le 13 avrl 2001 (Net Press). Du 20 au 22 mai 2000 se tiendra dans la capitale rwandaise le premier sommet des "premières dames" d'Afrique sub-saharienne sur le SIDA, apprend-on de source officelle à Kigali. Ce sommet dont l'initiative revient à l'épouse du chef de l'Etat rwandais, Mme Jeannette Kagame, avait été programmé depuis longtemps et repoussé plusieurs fois. Il aura, à son ordre du jour, 3 thèmes à savoir : "la prévention du VIH/SIDA au sein de la jeunesse", "la prévention de la transimission mère-enfant du VIH/SIDA" et "la situation des enfants dans les pays en conflit armé".
Ce sommet aura à étudier l'impact de la pandémie du VIH/SIDA sur la situation des enfants et des familles d'Afrique, et essaiera de proposer des solutions pratiques à appliquer sur le continent au cours de cette décennie. "Les violations des droits des enfants et de la femme dans les pays en conflit armé retiendront aussi l'attention des participants et des participantes", a indiqué pour sa part Mme Jeanette Kagame au cours d'un "briefing" à la presse à Kigali.
En plus des épouses des chefs d'Etats africains, prendront part à ce sommet les directeurs généraux de l'UNICEF, de l'ONUSIDA, du FNUAP et de l'OMS. Divers groupes de la société civile et notamment les associations de personnes vivant avec le SIDA pariciperont également à ce sommet. Signalons que l'épouse du chef de l'Etat rwandais est d'habitude très activement engagée dans plusieurs projets de lutte contre le SIDA et les droits des enfants (surtout orphelins) au Rwanda.
Signalons enfin que la Rédaction n'est pas encore à mesure de confirmer ou d'infirmer la présence à ce sommet de la "première dame" du Burundi puisqu'elle poursuivrait, semble-t-il, son séjour privé en Suisse qu'elle a entamé il y a quelques semaines et pour lequel elle avait sollicité, selon des services de la communication de la Présidence de la République, un visa de 3 mois et non d'une année comme avait voulu le faire croire le faire un peu plus tôt le bimensuel "La Lumière".
