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Bujumbura-Burundi

Burundi - Transition.

Le colonel Epitace Bayaganakandi anime sa première conférence de presse autorisée par le pouvoir.

Bujumbura, le 15 avril 2001 (Net Press). Ce samedi 14 avril 2001, le candidat-président Epitace Bayaganakandi a animé sa première conférence de presse autorisée par le pouvoir en place à Bujumbura. Cette conférence qui devait commencer à 10h, a débuté avec un retard de 45 minutes, et dès l'entrée du colonel Epitace Bayaganakandi dans la salle des conférences de l'hôtel Novotel pleine à craquer, toute la foule s'est levée pour l'acclamer longuement.

En l'absence du porte-parole du G8 (toujours incarcéré à Mpimba, c'est son adjoint, le président de l'ANADDE, M. Patrice Nsababaganwa qui a pris la parole le premier et qui a procédé à la présentation du conférencier, avec un humour qu'on ne lui connaissait pas jusque-là.

Dans son mot liminaire, le colonel Epitace Bayaganakandi est revenu sur les résultats de la dernière session d'Arusha, expliquant qu'en date du 19 mars 2001, le G10 et le G7 se sont formellement acquités d'un devoir civique qu'ils s'étaient assignés conformément à l'Accord et aux recommandations du 14ème sommet des chefs d'Etat de la sous-région. Il a rappelé que le consensus s'est alors porté sur le choix d'un président et d'un vice-président de la République et qu'il a eu l'honneur d'être proposé pour conduire la première phase de la transition.

Il a regretté que malgré cette "avancée significative sur l'une des questions prioritaires de l'accord, certaines parties signataires continuent à ramer à contre-courant du processus de paix". Et d'ajouter qu'il s'agit essentiellement du gouvernement actuel dont il a fustigé la "propagande" actuelle menée sous le couvert d'une campagne d'information sur le processus de paix, mais dont en réalité, "le but est d'imposer à la Nation le statu quo". Il a poursuivi son mot introductif en félicitant les forces de l'ordre pour le travail accompli sur le terrain et en appellant toute la population à croire que la paix reviendra et qu'elle est imminente, car, "le changement ramenera la paix". Il a enfin invité le peuple burundais à "refuser le retranchement suicidaire du gouvernement actuel" parce qu'il est "porteur de dangers d'une guerre sans fin". Et de conclure que les "patriotes sont appelés à soutenir les institutions de transition consensuelles (...) capables de négocier la cessation des hostilités dans un contexte régional et international plus favorable" (voir www.cbinf.com/netpress.bi, rubrique "Agora").

La parole a été ensuite accordée aux journalistes qui ont posé beaucoup de questions auxquelles le conférencier a répondu avec une sérénité et une assurance remarquables. Malgré ce qu'avancent certains milieux, on a pu constater que les journalistes s'adressaient au colonel Bayaganakandi avec, visiblement, la certitude qu'ils parlaient au prochain président de la République, tellement le conférencier dégageait une autorité naturelle si bien que le porte-parole du G8, M. Patrice Nsababaganwa, l'a qualifié de "force tranquille" et de "chance du Burundi à saisir au plus vite".

Voici quelques unes des questions posées : "Pourquoi avoir attendu si longtemps pour organiser une conférence de presse comme celle-ci ?", "Quel commentaire pouvez-vous faire des propos du président Buyoya minimisant les accords de Lusaka?", "Que pensez-vous de l'affirmation du gouvernement selon laquelle les institutions de transition sont actuellement un rêve ?", "Que pensez-vous de la défection du parti Vert-Intwari et des raisons qu'a avancées son président pour le justifier?", "On vous accuse d'exploiter la corde régionaliste, qu'en est-il au juste?", "Vous êtes le candidat du changement ou de la revanche sur Bururi, comme l'affirment certains?", Quelle assurance pouvez-vous nous faire que les choses iront bien demain avec des hommes comme Karatasi, Nyangoma et autres au gouvernement?", "Cela ne risque-il pas d'être comme au Sierra Leone avec le fameux Fodey Sankoh?", "Pouvez-vous nous assurer qu'une fois au pouvoir vous n'allez pas faire comme votre prédécesseur en matière de harcèlement d'opposants et de journalistes ?", "Votre refus de prêter serment à Kigobe comme ministre sous le "partenariat" est-il lié au fait que vous avez alors changé de poste ?", "Etes-vous en négociation avec le chef de l'Etat sortant ?", "Etes-vous en contact avec Kigali, Kinshasa ou Kampala?", "Comment allez-vous traiter les dossiers du putsch d'octobre 1993 et du génocide qui s'en est suivi?" , ...

Le conférencier a indiqué que c'est son ancien statut de militaire toujours en activité qui lui a interdit de faire des déclarations publiques plus tôt. Concernant les accords de Lusaka, il a indiqué que ceux-ci sont complémentaires à ceux d'Arusha pour ce qui est de la sécurité. En effet, a-t-il dit, il est "anormal que le Burundi reste isolé de toute la sous-région qui a adhéré à Lusaka alors que son adhésion l'aiderait à retrouver la paix et la sécurité".

Quant à la position du gouvernement sur la mise en place des institutions, il a déclaré que les arguments présentés ne sont que des prétextes car, "depuis 5 ans, le gouvernement est à la recherche de ce cessez-le-feu qui tarde visiblement à venir" et que pour lui, les raisons principales à l'origine de cette situation sont soit l'incapacité, soit le manque de volonté du pouvoir en place. Et de se demander "pourquoi ce préalable n'a pas été posé avant la signature de l'Accord d'Arusha". Au sujet du parti Vert-Intwari, M. Bayaganakandi a déclaré le considérer comme faisant toujours partie du G8, n'ayant pas officiellement signalé son retrait. Par ailleurs, a-t-il ajouté, "au sein du G8, moi, je n'entre pas dans le fonctionnement des partis mais, je sais que la majorité des militants de ce parti sont pour le changement". Il a poursuivi en faisant savoir que contrairement à ce qu'on a fait croire à M. Nkundikije, le G8, associé à la région et à la communauté internationale, a la force suffisante de faire partir le gouvernement actuel", car, a-t-il expliqué, "la contrainte qui l'a amené à négocier l'obligera à respecter l'accord d'Arusha".

Il a souligné que le génocide et le putsch sont des "dossiers brûlants" dont le gouvernement de transition fera la priorité, contrairement au régime du "partenariat" dont il a fait à un moment partie à contre-coeur. Il a expliqué en effet que si son statut le lui permettait, il aurait démissionné du gouvernement, car, il n'était "pas content de ce qui se faisait". Il a en outre déclaré que c'est son mécontentement qui l'a amené à refuser de prêter serment à Kigobe, et qu'il n'a de compte à rendre à personne pour sa gestion de certains dossiers (comme celui de la suspension du FRODEBU ou l'affaire Kamenge) quand il était au gouvernement, puisque pour lui, c'est la responsanbilité du gouvernement qui était engagée. Il a nié être en négociation avec le chef de l'Etat actuel, chose impensable, selon lui, tant que le Dr. Rugambarara reste écroué à Mpimba. Il a par contre reconnu être en contact avec Kigali dont il estime avoir des vues proches sur la sécurité. Il a rejeté les accusations de régionalisme en signalant qu'"au sein du G8, c'est le rassemblement qui prévaut, au lieu du "diviser (les forces politiques et sociales) pour régner"du gouvernement".

La conférence s'est terminée dans une ambiance conviviale où le colonel Bayaganakandi était très souvent acclamé pour ses boutades aux journalistes où en réalité il répliquait aux thèses du gouvernement pour lequel il a dressé un bilan très négatif sur tous les plans. Ce pour quoi il l'a invité à "s'effacer, car chaque jour qui passe, la situation s'empire un peu plus".

Burundi - Limogeage.

Mme Hyancinte Budomo relevée de ses fonctions de Secrétaire Général du Gouvernement.

Bujumbura, le 15 avril 2001 (Net Press). C'est dans la soirée de vendredi 13 avril 2001 qu'est tombé le décret présidentiel annonçant le limogeage de Mme Hyancinte Budomo de son poste de Secrétaire Général du Gouvernement et son remplacement par une militante féministe parlementaire de la Société Civile du nom de Patricie Rwimo. Rappelons que Mme Budomo est l'épouse du Secrétaire Général de la CCIB (Chambre de Commerce, d'Industrie, d'Agriculture et d'Artisanat du Burundi), le professeur Cyrille Sigejeje qui n'a jamais caché son soutien au colonel Epitace Bayaganakandi, candidat du G8 à la présidence de la Transition. Signalons en outre que c'est, semble-t-il, la position politique de M. Sigejeje qui aurait motivé le retrait par le gouvernement des fonds SGS (Société Générale de Surveillance) à la chambre de commerce, en guise de sanction contre cette institution où l'Etat du Burundi n'est pas actionnaire.

Contacté au téléphone par la Rédaction, le professeur Sigejeje a déploré ce qu'il a appelé "poursuite par le gouvernement des actions de répression et d'intimidation de l'opposition non-armée", et a déclaré ne pas comprendre "comment, en même temps, le pouvoir en place continue à courir derrière des groupes armés qui n'ont jamais cessé de tuer les civils innocents, tout en vouant aux gémonies l'opposition interne, constructive et positive".

RDC - Sécurité.

Les terroristes-génocidaires continuent à s'en prendre aux biens des populations locales du Sud-Kivu.

Uvira, le 15 avril 2001 (Net Press). Les terroristes-génocidaires du FDD et leurs alliés rwandais et congolais continuent à rançonner les populations locales du Sud-Kivu et plus particulièrement dans la plaine de la Rusizi. C'est le gros bétail qui est le plus visé et ce vendredi 13 avril 2001 un vol de 20 vaches a vite tourné en véritable palabre. En effet, lorsque ces terroristes-génocidaires ont volé ces vaches, leurs propriétaires ont fait irruption dans les troupeaux appartenant à des proches des Maï-Maï où ils ont pris pas mal de vaches. Les propriétaires de ces dernières ont alors demandé aux forces du Rassemblement Congolais pour la Démocratie de leur rendre justice. Ceux qui avaient été pillés les premiers ont fait de même et des pourparlers continuent pour voir dans quelle mesure ces cas de vols pourraient prendre fin.

 

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