NET PRESS

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Burundi - Génocide.
Un groupe de rescapés du génocide des Tutsi porte plainte contre certains leaders du Frodebu auprès de la justice belge.
Bruxelles, le 15 novembre 2001 (Net Press). C'est dans la matinée de ce 14 novembre 2001 qu'un groupe de rescapés du génocide des Tutsi burundais (parmi lesquels figurait le président du mouvement d'autodéfense "PA-Amasekanya", M. Diomède Rutamucero), accompagnés de leurs avocats ont officiellement porté plainte, au parquet de Bruxelles, contre certains responsables du parti Frodebu, pour "génocide, incitation publique au génocide" et/ou tout autre infraction que révélera l'enquête du ministère public.
Parmi les dirigeants du Frodebu incriminés figurent MM. Léonce Ngendakumana (actuel président de l'assemblée nationale), Jean Minani (président du Frodebu) et Sylvestre Ntibantunganya (ancien chef de l'Etat burundais).
Les plaignants ont expliqué qu'ils ont préféré la justice belge parce que celle de leur pays est "sous les ordres du pouvoir Frodebu" et est "apparemment frappée d'inertie quand il s'agit d'instruire un dossier impliquant ce parti". On rappellera aussi que la justice belge s'est déclarée compétente pour juger les affaires de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et de génocide, quel que soit l'endroit où les faits se sont passés, et même quand aucun citoyen belge n'est impliqué.
L'un des responsables du Frodebu accusés d'avoir incité les militants de ce parti à tuer les Tutsi en 1993, M. Sylvestre Ntibantunganya a réagi à cette plainte déposée au parquet de Bruxelles. Il a déclaré sur les ondes de la BBC qu'il ne s'accuse de rien et qu'il est même prêt à comparaître devant n'importe quel tribunal, burundais comme étranger. "Au lieu de me condamner, je suis sûr qu'on va plutôt me réhabiliter", a indiqué M. Ntibantunganya en expliquant qu'au 21 octobre 1993, il se cachait comme tout le monde et qu'il venait même de perdre sa femme ce jour-là. "Je vivais des moments très difficiles et je ne pouvais même pas sortir pour appeler les gens à s'entretuer, comme on le prétend", a-t-il conclu.
Aucune autre réaction des barons du Frodebu impliqués dans ce dossier n'a été encore enregistrée jusqu'à ce moment.
Burundi - Sécurité.
Les terroristes-génocidaires intensifient leurs attaques meurtrières dans tout le pays.
Bujumbura, le 15 novembre 2001 (Net Press). Alors que les condamnations de leurs dernières attaques continuent à tomber d'un peu partout et que la tension n'est pas encore retombée, les terroristes-génocidaires ont décidé de lancer de nouvelles attaques très meurtières, la nuit dernière (du 14 au 15 novembre 2001) et dans presque tout le pays. En effet, au moment où des éléments du Palipehutu-Fnl assiégeaient une partie de la zone Gihosha, située en plein coeur de la capitale Bujumbura, d'autres terroristes-génocidaires (du Cndd-Fdd ceux-là) attaquaient simultanément les provinces de Ruyigi, Rutana et Cankuzo.
A Gihosha, ces criminels (qui étaient autour de 200 selon l'administration locale et de 50 selon le ministère de la défense nationale), sont venus par un petit boisement situé entre les quartiers de Gihosha et de Mutanga Nord. Ils sont arrivés vers 20h et ont aussitôt commencé à piller tout ce qui se trouvait dans une petite boutique de la place. Ils ont également pris une somme de 50.000 Fbu au boutiquier avant de commencer à tirer sur tout ce qui bougeait.
Plusieurs véhicules qui passaient ont essuyé beaucoup de tirs qui les ont gravement endommagés, notamment celui du secrétariat général du gouvernement qui rentrait un fonctionnaire et qui était toujours là jusqu'à ce matin. Plusieurs occupants de ces véhicules ont été grièvement blessés par ces tirs; c'est le cas du recteur du lycée du Saint Esprit, le père Ignace Samurenzi, de nationalité rwandaise, qui est actuellement entre la vie et la mort. D'autres sont morts sur le champ dont une jeune femme qui était au volant de sa voiture et qui venait pourtant de leur donner tout l'argent qu'elle avait sur elle. Ont été également tués un taximan, un domestique ainsi que 3 jeunes militaires qui se trouvaient à bord d'un véhicule venu de l'intérieur du pays et qui attendaient que ce domestique vienne récupérer les denrées alimentaires se trouvant dans le véhicule. Le client du taximan, un Hutu, est sorti indemne de cette attaque. La stratégie des terroristes-génocidaires était d'abord de dévisager les passagers avant de les tuer ou de les laisser la vie sauve. Le seul militaire rescapé de cette boucherie humaine est celui qui était allé appeler le "groom" et qui se trouvait toujours à l'intérieur de la parcelle.
Ce matin, l'émotion était à son comble à Gihosha et beaucoup de résidents de la place appelaient les services de sécurité à faire tout pour que cette zone soit mieux protégée des attaques des terroristes-génocidaires venant des collines surplombant la capitale.
Nous venons d'apprendre que la plupart des ambassades oeuvrant au Burundi auraient prié leurs ressortissants respectifs de regagner leurs pays dans les meilleurs délais. Il ne doit rester que le strict minimum du personnel de ces mêmes ambassades.
Pendant ce temps, au Sud-Est du pays, des centaines (voire des milliers) de terroristes-génocidaires du Cndd-Fdd ont franchi la frontière tanzano-burundaise, au cours de cette même nuit. Ils sont entrés par la commune de Kayogoro (Makamba), avant de poursuivre leur route par la commune Bukemba (Rutana). Ce sont ces criminels qui ont attaqué ce matin la localité de Rugwe, proche du chef-lieu de cette provine où des tirs très nourris se faisaient entendre jusqu'à la mi-journée de ce 15 novembre 2001. Les populations de cette province ont actuellement très peur, tout comme celles de Ruyigi et Cankuzo. Très peu d'habitants de la commune Kigamba (Cankuzo) ont passé la nuit dans leurs ménages, craignant d'éventuelles ataques des terroristes-génocidaires du Cndd- Fdd venant du parc de la Ruvubu. En effet, plus de 700 de ces criminels qui venaient d'attaquer la commune Bweru dans la matinée de ce 14 novembre 2001 se sont dirigés vers ce parc afin d'essayer de desserrer l'étau des forces de l'ordre sur les terroristes-génocidaires qui s'y sont réfugiés après avoir saccagé la localité de Buruhukiro et enlevé plus de 70 écoliers il y a quelques jours.
Après tous ces forfaits, le ministre de l'intérieur, Salvator Ntihabose, et son collègue de la communication, Albert Mbonerane, ont invité le directeur de l'Agence "Net Press" à changer de terminologie et d'appeler ces tueurs des "présumés génocidaires" au lieu de "terroristes-génocidaires". Pour le ministre Ntihabose en effet, c'est comme si Net Press jugeait alors que ce rôle est dévolu aux seuls cours et tribunaux.
Par ailleurs, a ajouté le même ministre, le langage de Net Press fait peur à beaucoup de gens, car elle rapporte crûment les propos de Charles Mukasi.
Le directeur de Net Press a, pour sa part, expliqué aux deux ministres que son agence ne fait que donner de l'information et accorde la parole à qui veut la prendre. "Nous rapportons même les propos des porte-parole de ces mouvements, et faisons état de leurs déclarations ou écrits, quand ils en font", a simplement répliqué M. Jean-Claude Kavumbagu.
Ces propos ont été échangés à l'occasion d'une "réunion de prise de contact" entre les deux ministres et les responsables des media nationaux privés.
De son côté, l'épouse du chef de l'Etat, Mme Sophie Buyoya, lors d'une descente à Gikoto, s'est publiquement demandée s'il ne faut pas trouver une appelation appropriée à ces gens qui tuent indistinctement femmes, enfants et vieillards. "Le terme de 'groupes armés' ne convient plus", a conclu la première dame, car pour elle, il est évident que ces "gens sont des ennemis de la paix et de la nation burundaise, et plus personne ne comprend ce qu'ils veulent".
On rappellera à toutes fins utiles que le ministre Luc Rukingama (ancien ministre de la communication, en charge de la mobilisation pour la paix dans le nouveau cabinet et professeur d'université spécialisé en linguistique) avait fait une réflexion pareille et avait conclu lui aussi que l'appelation de "terroristes-génocidaires" convient bien à la situation.
Pour notre part enfin, nous persistons à penser que cette dénomination convient parfaitement aux mouvements Cndd-Fdd et Palipehutu-Fnl qui ciblent principalement les Batutsi mais qui s'en prennent aussi aux Bahutu jugés traîtres à leur cause. C'est le cas de ces paysans, élèves et commerçants qui font autre chose que la guerre pendant que les prétendus "vrais patriotes" sont au maquis. Pour les Fdd, des gens pareils n'ont pas raison de vivre. C'est pourquoi ils sont brûlés vifs, dans leurs ménages, sur les routes, dans les établissements publics (hôpitaux, écoles, ...), un peu partout dans le pays.
COMMUNIQUE
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