NET PRESS

Les protestations contre la détention des journalistes Abbas Mbazumutima et Gabriel Nikundana continuent à tomber...
Bujumbura, le 16 mars 2001 (Net Press). Le président du conseil national de la communication (CNC), M. Apollinaire Ncutinamagara a demandé aujourd'hui la libération immédiate des journalistes Gabriel Nikundana et Abbas Mbazumutima de la "Radio Bonesha FM", à l'issue d'une réunion extraordinaire qu'il venait de diriger. Il a néanmoins tenu à "laisser la justice suivre son cours normal". Il s'est déclaré opposé au "culte de l'emprisonnement des gens pour n'importe quelle infraction". Il a précisé qu'on emprisonne normalement une personne quand il y a risque de fuite ou d'évasion. S'adressant aux agents de la Documentation Nationale (police présidentielle), M. Ncutinamagara leur a recommandé de mettre fin à leur réflexe de penser qu'ils ont travaillé uniquement quand ils ont emprisonné des gens. Il a indiqué que le CNC ne peut pas se prononcer par contre sur la culpabilité des deux journalistes, car, n'ayant pas à sa disposition tous les éléments à leur charge.
En revanche, le CNC a mis en garde tous les médias ainsi que leurs responsables sur le traitement des informations relatives à la sécurité. Le CNC n'empêche pas les journalistes de chercher des informations où que ce soit, car la loi leur reconnaît ce droit, mais elle impose aussi des limites de nature à piéger la presse, a-t-il noté. Il faut donc être prudent, a-t-il recommandé, choisir l'information à diffuser au moment qu'il faut. Le CNC s'est aussi adressé aux autorités judiciaires et policières pour leur signifier qu'il n'est pas nécessaire d'arrêter quelqu'un pour découvrir la vérité. Il a demandé enfin aux responsables des médias d'encadrer leurs collaborateurs. Il n'est pas normal qu'un journaliste soit poursuivi pour la diffusion d'un élément ayant été homologué par la conférence de Rédaction, a dit le président du CNC alors que le produit diffusé est l'émanation de l'organe de presse.
Pour sa part, l'organisation américaine de défense des droits de l'homme "Human Rights Watch" (HRW) indique dans un communiqué parvenu à la rédaction, que "ce n'est pas raisonnable de punir des journalistes qui parlent avec des rebelles alors que les représentants du gouvernement seraient en train de faire la même chose". HRW demande en conséquence au gouvernement burundais de permettre la libre circulation de l'information, car la "liberté de la presse est fondamentale pour l'établissement d'une société ouverte et tolérante si nécessaire à la paix au Burundi".
De son côté, "La Lumière" (organe d'expression du parti Frodebu - Minani) a condamné "l'intimidation et le terrorisme mené tambours battant contre les hommes de média". Ce journal demande au gouvernement "d'arrêter cette chasse à l'homme-journaliste, car cette guerre (contre ces derniers) n'honore pas notre pays".
Burundi - Sécurité.
Les terroristes-génocidaires du FNL procèdent sans succès à une campagne de recrutement pour remplacer ses combattants tués à Kinama.
Bujumbura, le 16 mars 2001 (Net Press). Les terroristes-génocidaires du FNL procèdent actuellement en Commune Mutambu, en Province de Bujumbura Rural, à une campagne nocturne de recrutement des jeunes filles et garçons pour remplacer ses combattants tués à Kinama, apprend-t-on de bonne source. Cette campagne a surtout lieu sur les collines Ndaro et Gacaca relevant respectivement des secteurs administratifs de Rutovu et de Gomvyi. Selon des sources sur place, la campagne passe difficilement auprès de la population de cette Commune car, non seulement elle n'en voit pas l'importance, mais aussi elle a peur de mourir gratuitement pour une cause qu'elle ne maîtrise pas. Lors de cette campagne, ils ne cessent de justifier la destitution de Cossan Kabura au profit d'Agathon Rwasa. L'administration locale s'active pour sa part à combattre cette destabilisation.
Burundi - Confession religieuse - Détention.
André Migurumiko en appelle au ministre de la Défense Nationale pour exiger sa libération.
Bujumbura, le 16 mars 2001 (Net Press). Le pasteur André Migurumiko de la Mission Evangélique Indépendante (MEI), incarcéré à la prison centrale de Mpimba depuis le 12 mars 200, vient d'écrire au ministre de la Défense Nationale pour protester contre "son arrestation arbitraire" et réclamer sa libération.
En effet, d'après André Migurumiko, il est détenu sans dossier et selon une "procédure pour le moins anormale et illégale", car, il a été convoqué par téléphone, au soir du vendredi 9 mars 2001 à se présenter à l'Auditorat Militaire où il s'est rendu dans la matinée du lundi 12 mars 2001. Il a été immédiatement arrêté puis conduit à Mpimba sans interrogatoire, ni dossier, ni mandat d'arrêt. M. Migurumiko trouve aussi anormal qu'il a été arrêté sur ordre de l'Auditeur Militaire (et non du Procureur Général de la République) alors qu'il est civil. Il s'étonne aussi que le motif de son inculpation ait été trouvé "après coup" (après son arrestation). M. Migurumiko regrette dans la même lettre que "dans un pays régi par la loi, la "chasse contre Migurumiko" et ses fidèles prennent aujourd'hui des allures de persécution aveugle". Contrairement à ce dont il est accusé, M. Migurumiko dément avoir enseigné la désobéissance, "surtout pas à ceux qui ont la charge de défendre la Patrie". Il trouve par ailleurs troublant que des civils aient publiquement fêté son incarcération 3 jours plus tôt. Cela est d'autant plus troublant quand ces personnes sont du camp adverse dans le conflit lié au leadership de la MEI, a-t-il ajouté.Enfin, il demande la stricte application du Code de Procédure Pénale à sa personne comme à tous les autres citoyens, car, il considère que chaque fois que son rival Vincent Karayenzi (résidant actuellement en Belgique) prépare son retour au Burundi, lui, Migurumiko doit être préalablement emprisonné, "sans mandat d'arrêt, ni convocation, ni motif avéré". En conséquence, il lui demande d'autoriser sa libération.
Burundi - Médias.
Le torchon brûle entre certains travailleurs de la RTNB et la Direction Générale.
Bujumbura, le 16 mars 2001 (Net Press). Une vingtaine de cameramen de la Radio-Télévision Nationale du Burundi (RTNB) viennent de saisir le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement afin de fustiger "un système de discrimination statutaire en matière d'octroi de frais de mission aux reporters en mission à l'extérieur du pays" à la Télévision Nationale. En effet, les 19 "professionnels de l'image" trouvent injuste l'institutionnalisation d'un "traitement discriminatoire en mode d'administration en violation flangrante de la loi". Ils ne comprennent pas pourquoi les cameramen et les ingénieurs du son sont traîtés de la même façon que les reporters-rédacteurs en matière d'octroi des frais de mission quand celle-ci se déroule à l'intérieur du pays, alors que lorsqu'il s'agit d'une mission à l'étranger, ils sont automatiquement considérés comme appartenant à la catégorie de collaboration et même d'exécution. Ils rappellent en outre que des professionnels de l'image ont parfois des niveaux de formation plus élevés que ceux des journalistes-reporters mais que cela est rarement tenu en compte quand ils font un reportage à l'extérieur du pays. Ils s'insurgent aussi contre "certaines pratiques d'octroyer des frais de mission statutairement attribués aux cadres, à des agents de la catégorie de collaboration, voire d'exécution".
Pour eux, la confusion sciemment entretenue par certains selon laquelle seuls les reporters-rédacteurs sont des "journalistes", devrait être abandonnée et combattue. En définitive, ils appellent le ministre de la communication à mettre fin à cette discrimination qui "pourrait compromettre dangereusement les rapports socio-professionnels qui doivent être de règle entre les communicateurs", en instruisant l'autorité de la RTNB et le Secrétaire Général du Gouvernement à se conformer au décret-loi portant statut des fonctionnaires et au statut de la RTNB en matière d'octroi des frais de mission.
Burundi - Droits de l'Homme.
Le président de PA-Amasekanya sollicite l'intervention du médiateur Mandela en vue de la fin de son "harcèlement par le pouvoir en place".
Bujumbura, le 16 mars 2001 (Net Press). Le président de l'organisation d'auto-défense PA-Amasekanya, M. Diomède Rutamucero, réfugié depuis le 23 janvier 2001 à l'Office du Haut Commissariat des Droits de l'Homme au Burundi, a écrit ce matin au médiateur dans le conflit burundais Nelson Mandela pour lui demander d'intervenir auprès du pouvoir en place en faveur de la fin de son "harcèlement, (ses) persécutions et tortures" lui infligés par le même pouvoir en raison de ses positions politiques "soutenues par beaucoup de Burundais". Il fait remarquer que ce "comportement constitue une grave violation des droits de l'homme qui mérite d'être condamnée". Il fait en outre observer que depuis sa rencontre avec Mandela à Johannesbourg en juillet 2000, il a été injustement et arbitrairement emprisonné par trois fois et qu'à l'instant même, il se trouve en exil intérieur depuis le 23 janvier 2001 au siège du Haut Commissariat des Droits de l'Homme au Burundi, où il lui est dénié toute forme de liberté. Pour M. Rutamucero, son organisation qui combat le génocide des Tutsi et massacres d'autres Burundais, ne devrait pas être combattue mais plutôt associée au processus devant ramener la paix au Burundi.
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