NET PRESS

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Burundi - Transition.
Les quotas de 40 - 60% pour l'assemblée nationale de transition consacrés par Arusha, rejetés par Kigobe...
Bujumbura, le 16 novembre 2001 (Net Press). Il y avait une plénière ce matin à l'assemblée nationale de Kigobe mais le public n'a pas été autorisé à y accéder. Les dirigeants du législatif burundais auraient voulu mettre à l'abri des curieux leur méthode de travail qui, particulièrement en ce jour du 16 novembre 2001, était pour le moins incompréhensible, à la limite du risible alors que les temps sont très durs, du moins pour une catégorie de la population. On avait en effet l'impression que tout avait été joué d'avance, concernant le projet de loi qui était supposé être en discussion, en l'occurence celui portant composition de l'assemblée nationale de transition. Alors qu'à Arusha, les négociateurs burundais s'étaient entendus pour accorder aux Tutsi 40% à tous les niveaux des nouvelles institutions (administration, diplomatie, justice et assemblée nationale en particulier), le président de l'assemblée nationale, M. Léonce Ngendakumana, soutenu par les représentants de l'Uprona (surtout Alphonse Kadege et dans une moindre mesure le premier vice-président de l'assemblée nationale, Frédéric Ngenzebuhoro) ont clairement fait comprendre à tous les députés que ceux qui feront partie de la nouvelle assemblée sont déjà connus et qu'il est donc inutile d'apporter beaucoup d'amendements. Ce qui a fait vigoureusement réagir le député Cyrille Sigejeje qui n'a pas du tout apprécié qu'on continue à perdre du temps. Le président de l'assemblée nationale a ensuite joué au cache-cache en s'excusant vaguement et en expliquant qu'on avait mal interprété ses propos. Le député Charles Ndabirabe a proposé comme amendement que les proportions évoquées à Arusha soient explicitement mentionnées dans la loi en discussion. Il a été soutenu par plusieurs députés Tutsi comme Vincent Kubwimana, Juvénal Kamenge, Edouard Nzambimana, colonel Minani, Cyrille Sigejeje et même Thomas Bukuru (secrétaire général du Frodebu-Nzojibwami).
Il a par contre été conspué par tous les députés Hutu et par ceux de l'Uprona comme Alphonse Kadege qui a parlé de "non-sens", tandis que d'autres comme François Ngeze ont préféré aller aux toilettes où il a pris le soin de prendre le temps qu'il fallait pour faire ses besoins.
M. Kadege a invoqué un article de la nouvelle constitution pour dire que les "Batutsi resteront ce qu'ils sont et ne deviendront jamais des Bahutu" et vice-versa. Pour lui donc, les proportions doivent rester telles qu'elles sont aujourd'hui, c'est à dire entre 23 et 26% pour les Batutsi, tout le reste étant pour les Bahutu. Ce qui signifie que les Batutsi ne constitueront même pas une minorité de blocage au parlement (1/3 de l'effectif total).
Pour Thomas Bukuru par contre, il ne faut surtout pas commettre les mêmes erreurs que lors de l'étude de la nouvelle constitution. Car, a-t-il expliqué, "même ceux qui combattent aujourd'hui ont pris les armes à cause de l'exclusion et il ne faut donc plus exclure une catégorie de la population burundaise".
Par après, M. Ndabirabe a retiré son amendement et il ne restait plus que quelques autres de moindre importance qui ne devaient causer aucun problème à nos "honorables" qui avaient visiblement hâte d'envoyer à la promulgation ce projet de loi à la fin de cette journée même. Une fois de plus, on aura vu que la communauté Tutsi n'a aucun représentant digne de ce nom à Kigobe, à l'exception notable de M. Thomas Bukuru; les Batutsi qui y sont, ne travaillant que sur procuration.
Burundi - Justice.
La chambre criminelle de Ngozi en itinérance à Muyinga condamne à mort l'ancien administrateur de Gasorwe.
Muyinga, le 16 novembre 2001 (Net Press). La chambre criminelle de Ngozi en itinérance à Muyinga vient de condamner à mort l'ancien administrateur de Gasorwe, un certain Méthode Nivyumwami. Le verdict est tombé hier soir (15 novembre 2001) à 21h. Il était accusé d'avoir tué une personne du nom de Bernard Nkezabahizi et neuf déplacés qu'il avait d'abord convaincus de rentrer avant de les massacrer. Il a également tenté de tuer une personne, M. Simon Ndabumviye. Les deux derniers chefs d'accusation n'ont pas été tenus en considération. C'est surtout le meurtre de Bernard Nkezabahizi qui a valu à cet ancien administrateur communal cette peine capitale. L'avocat de la défense a estimé quant à lui que cette condamnation est injuste, dans la mesure où à cette date du 1er novembre 1993, le jour du meurtre, l'accusé n'était pas encore adminstrateur.
L'envoyé spécial de Net Press à Muyinga a approché, pour se rendre compte de l'exactitude des faits, les juges de la chambre criminelle. Ces derniers lui ont confirmé que le condamné était bel et bien administrateur au moment des faits, comme il l'avait lui-même affirmé au cours de la phase pré-juridictionnelle. De plus, ses témoins, en l'occurence un des chefs de zone, un chef de secteur dans la commune de Gasorwe ont suffisamment appuyé cette information. Soulignons en outre que cette chambre criminelle est déjà qualifiée par certains avocats d'être très sévère comparativement aux autres chambres criminelles où les peines capitales sont limitées. Les juges ont tenu à préciser que cette sévérité est due au fait que la chambre criminelle de Ngozi couvre des régions qui ont connu des atrocités monstrueuses. Qu'il y ait des condamnations à mort, c'est tout à fait naturel, car l'article 417 du code pénal stipule que l'attentat dont le but aura été de provoquer le massacre, la dévastation ou le pillage sera puni de mort. Signalons enfin que depuis le 22 octobre 2001, 22 arrêts ont été déjà rendus dont 14 condamnations à mort, 19 condamnations à perpétuité, 5 condamnations à 10 ans, une condamnation à 4 ans, 4 condamnations à 3 ans, deux autres respectivement à 3 mois et 1 mois (pour faux témoignage) et 8 acquittements. Il convient de noter que le bilan des chambres criminelles au Nord du pays (région la plus frappée par le génocide d'octobre 1993) est largement positif grâce à la ligue burundaise des droits de l'homme"Iteka" et à l'association "Agir - Dufashanye" qui se chargent du transport des témoins et de la partie civile et surtout avec le concours des avocats burundais qui y sont en permanence .
Burundi - Politique.
Retour triomphal au pays de l'ingénieur Diomède Rutamucero.
Bujumbura, le 16 novembre 2001 (Net Press). C'est à la mi-journée de ce 16 novembre 2001 (et plus exactement à 12h30) qu'est arrivé à Bujumbura le président du mouvement d'autodéfense "PA-Amasekanya", M. Diomède Rutamucero. Il était à bord d'un vol régulier de Kenya Airways. Il a été accueilli par une foule immense des membres de son mouvement qui avaient affrêté beaucoup de bus, minibus et voitures pour cette occasion. Après l'avoir salué et lui avoir souhaité la bienvenue, ils ont entonné des chansons fustigeant le génocide des Tutsi et le parti Frodebu qui en est responsable. Ils ont ensuite formé un long cortège en direction du centre-ville. Tout au long de leur route, les membres et sympathisants de PA-Amasekanya qui formaient ce cortège continuaient à chanter. Ils ont ralenti au niveau du "quartier général" des forces sud-africaines qu'ils ont conspuées, de même que celui qui les a envoyées au Burundi. Ils sont ensuite passés par le marché central avant de se diriger à la radio nationale, puis au domicile du leader de leur mouvement où ils ont longuement chanté et dansé. Partout où il est passé, ce cortège a impressionné les gens, y compris les forces de l'ordre qui ont été visiblement surprises, de l'aéroport au centre-ville, d'assister à une sorte de manifestation improvisée. Elles n'étaient apparemment pas au courant de ce qui se passait. Rappelons que lors de son périple européen qui aura duré presque un mois (du 20 octobre au 16 novembre 2001), le président de PA-Amasekanya a animé d'innombrables conférences publiques et a noué des contacts en Italie, en Suisse et en France. Peu avant son retour au pays, M. Rutamucero et quelques citoyens burundais, rescapés du génocide des Tutsi du Burundi, accompagnés de leurs avocats, ont déposé une plainte au parquet de Bruxelles, contre certains "gros morceaux" du Frodebu. Ils sont accusés de "génocide, incitation publique au génocide" et toute autre infraction que révélera l'enquête du ministère public.
Burundi - Politique.
"Je n'ai jamais eu recours à des militaires sud-africains", déclare le ministre Charles Karikurubu.
Bujumbura, le 16 novembre 2001 (Net Press). Dans son édition du 13 novembre 2001, la rédaction de "Net Press" a fait état du renvoi par le ministre du commerce et de l'industrie, M. Charles Karikurubu, des soldats sud-africains qui assuraient sa protection, pour un "petit quiproquo" (voir "Net Press" du 13 novembre 2001).Le ministre Karikurubu vient de réagir à ces informations en indiquant qu'il n'a jamais eu recours à des militaires sud-africains et qu'il ne les a donc pas chassés de chez lui puisqu'ils n'y ont jamais mis les pieds. Il a par ailleurs démenti être gardé par des Gedebu "puisque je ne sais même pas ce que signifie ce mot", a-t-il ajouté. Pourtant nous sommes en mesure d'affirmer, sans risque de nous tromper, (puisque nous disposons de plusieurs sources sûres), que le ministre Karikurubu s'est bel et bien présenté à son nouveau service, du moins les premiers jours, avec des militaires sud-africains (métis pour la plupart). Concernant ceux qui assurent sa sécurité raprochée actuellement, il semble bien que ceux que nous avons vus (qui portent une tenue civile de couleur bleue) à ses côtés sont des civils et non des militaires. Il y a de fortes chances qu'ils soient des Gedebu (milice du Frodebu qui a fait beaucoup parler d'elle dans les années 1993-1994). Il serait étonnant que M. Karikurubu, un des barons du Frodebu, ne sache pas ce que signifie le mot "Gedebu".
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