NET PRESS

Burundi - Economie.
La VERRUNDI sur le point d'être rachetée par HEINEKEIN International ...
Bujumbura, le 17 mai 2001 (Net Press). Depuis quelques jours, il circulait à Bujumbura des rumeurs selon lesquelles la société VERRUNDI (Verrerie du Burundi) aurait été rachetée par la multinationale hollandaise HEINKEIN International et que l'argent de la transaction aurait été versée ce 16 mai 2001. Pour en savoir davantage, nous avons approché le président de la commission de liquidation de la VERRUNDI, M. Salvator Sahinguvu. Il a indiqué que la commission qu'il dirige est simplement en "pourparlers avancés avec la société HEINEKEIN International qui n'a, jusqu'à présent, formellement pris aucun engagement". Selon lui, la multinationale s'est uniquement déclarée intéressée et elle va envoyer au Burundi avant la fin de ce mois une équipe de techniciens qui auront pour mission l'évaluation technique et financière de l'état de cette entreprise en liquidation.
Contrairement à ce qu'avançaient certaines sources, M. Sahinguvu a fait remarquer que sa commission a bel et bien lancé un avis d'appel d'offres international qui "s'est malheureusement avéré infructueux, puisqu'aucun repreneur ne s'est présenté", a-t-il ajouté. Même HEINEKEIN n'a pas soumissionné à cette occasion alors ses responsables avaient déclaré qu'ils étaient intéressés. D'où l'assemblée générale des actionnaires de la VERRUNDI a recommandé à la commission de liquidation d'approcher cette multinatinale. A la question de savoir si le pays ne courrait pas de danger s'il accordait le monopole de la fabrication des bouteilles à la même socitété qui a le monopole de la fabrication de la bière, M. Sahinguvu a répondu que la question le dépasse et qu'elle devrait être posée aux hautes autorités du pays, puisque lui n'est "qu'un simple technicien".
Burundi - Sécurité.
Trois véhicules incendiés par les terroristes-génocidaires sur l'axe Makamba-Mabanda.
Makamba, le 17 mai 2001 (Net Press). Les terroristes-génocidaires ont tendu une embuscade ce matin entre 7 et 8h à 3 véhicules dans la localité de Gasaka située entre les communes Mabanda et Makamba (province Makamba). Un camion militaire de marque Dyna a été brûlé, mais les soldats qui se trouvaient à bord sont tous miraculeusement sortis indemnes de cet attentat. L'attaque contre deux minibus de transport en commun a par contre été très meurtrière puisque ceux-ci ont été réduits en cendres et que 3 de leurs passagers ont été brûlés vifs alors qu'ils se trouvaient à l'intérieur de ces véhicules. En se repliant, ces tueurs ont attaqué un petit centre de négoce du lieu-dit Gikurazo (commune Mabanda) où ils ont détruit un restaurant pour s'emparer de la nourriture et ont enlevé une personne qui devait leur servir de guide pour se rendre à Kibago. Cette attaque a provoqué le déplacement massif de la population locale vers Makamba et Mabanda. Mais vers la mi-journée, la rédaction a appris que ces populations regagnaient leurs domiciles, le danger étant momentanément écarté. Signalons que ces terroristes-génocidaires qui ont attaqué la localité de Gasaka étaient venus de la localité de Nyarubanga (commune Kibago) où ils étaient signalés depuis samedi dernier.
Burundi - Détention.
L'avocat-conseil des militants du PARENA arrêtés pour le dossier "putsch du 18 avril 2001" appelle le ministère public à suivre l'esprit et la lettre du nouveau code de procédure pénale.
Bujumbura, le 17 mai 2001 (Net Press). L'avocat-conseil des militants du PARENA Ildéphonse Ndagijimana et Raphaël Manirakiza incarcérés dans les cachots de la BSR depuis le 21 avril 2001 pour leur supposée participation (de près ou de loin) au putsch manqué du 18 avril 2001, Me Déo Ndikumana, a écrit en date du 14 mai 2001 au président de la cour d'appel de Bujumbura pour lui demander une confirmation, dans les meilleurs délais, de la détention préventive de ses clients. Dans cette lettre, Me Ndikumana a rappelé au juge-président que "la comparution devant le juge doit avoir lieu au plus tard les 15 jours de la délivrance du mandat provisoire". Pour l'avocat donc, les délais prévus pour une séance de confirmation sont largement dépassés.
Me Ndikumana estime par ailleurs que la lecture des dispositions légales (et particulièrement des articles 72 et 73 du nouveau code de procédure pénale) "indique clairement que la commission d'enquête (NDLR: sur la tentative de putsch du 18 avril 2001) est complètement dans l'illégalité". Et d'ajouter que c'est pour cette raison qu'il en appelle à la compétence du juge-président de la cour d'appel de Bujumbura dans le but d'obtenir une séance de confirmation conformément à la loi.
Contacté par la rédaction, Me Ndikumana a indiqué que la poursuite de l'enquête "n'est pas du tout incompatible avec la séance de confirmation (ou d'infirmation)". Il s'est par ailleurs demandé pourquoi cette commission "ne parvient pas à terminer son travail rapidement". En outre, il s'est insurgé contre le fait que, selon lui, le ministère public est "juge et partie" puisque, a-t-il expliqué, c'est ce dernier qui ordonne l'arrestation et la détention des gens, et qui, en même temps, doit confirmer ou infirmer la détention du prévenu, alors que le code de procédure pénale stipule que c'est le juge le plus proche qui devrait se prononcer là-dessus. Pour lui, ceux qui ont tout fait pour que ce code entre en vigueur devraient aussi respecter ses termes afin qu'il "n'y ait pas de loi de la jungle". Et de conclure en soulignant qu'il ne prêche pas pour l'impunité puisque, a-t-il dit, ses clients peuvent même être condamnés à mort s'il s'avère qu'ils sont coupables, mais la loi devrait être respectée à la lettre, a-t-il martelé.
Burundi - Justice.
L'affaire "colonel Zacharie Rwasa et consorts" de nouveau à la barre.
Bujumbura, le 17 mai 2001 (Net Press). Le procès du colonel Rwasa et ses coaccusés dans la supposée tentative d'assassinat en 1999 de l'administrateur de la commune Bwambarangwe, M. Ildéphonse Baryanintimba a été de nouveau auditionné ce matin. Aujourd'hui, il était question pour la défense de faire de commentaires sur les documents médicaux présentés par le caporal Mangaho Frédéric dont on dit qu'il a failli être tué par balles parce qu'il portait des habits ressemblant à ceux de l'administrateur. Ce dernier a été touché d'une balle au cou lors de cette "présumée tentative d'assassinat de l'administrateur Baryanintimba". Dès lors, il a saisi les médecins pour attester de son état de santé. La défense a expliqué que les papiers médicaux présentés à la cour sont entourés par moult irrégularités.
Elle a ajouté que ces papiers n'ont pas été commandés par la cour, la seule habilitée à exiger de la victime ce genre d'attestation. Ensuite l'expert qui les a délivrés n'a pas prêté serment devant l'autorité judiciaire requise, a précisé la défense. Et de souligner que la "non-prestation de serment par l'expert requis rend nul et non avenu le certificat médical provisoire ou définitif". La défense a, en outre, trouvé anormale l'absence de la signature du caporal Mangaho sur ces documents. Par ailleurs, a poursuivi la défense, l'expert a usé d'un grade académique non reconnu au Burundi. Le document était signé par un "médecin résident en chirurgie", grade reconnu en Belgique et en France mais pas au Burundi. Ces mêmes papiers présentent en outre des révélations étranges, selon toujours la défense. En effet, explique-t-elle, le certificat médical de consultation provisoire et le certificat médical définitif qui établit une incapacité définitive du caporal Mangaho de 60% ont donné 2 jours successifs, ce qui est anormal selon la défense. Et d'indiquer que ces 2 documents se ressemblent à s'y confondre. Ce qui vient mettre en doute toute véracité de ces documents, c'est que la victime Mangaho n'a cessé d'exercer ses fonctions malgré son incapacité de 60%, a encore ajouté la défense. La prochaine audience a été fixée au 12 juin prochain.
Burundi - Sécurité.
La direction de MEMISA-COPED dément avoir versé une quelconque rançon au CNDD-FDD...
Bujumbura, le 17 mai 2001 (Net Press). Le directeur et le co-directeur de l'ONG MEMISA-COPED, MM. Bob Smit et l'abbé Jean-Berchmans Nzisabira ont tenu hier soir un point de presse au cours duquel ils ont démenti avoir versé une quelconque rançon en vue de la libération de ses 6 agents qui avaient été enlevés le vendredi 11 mai 2001 dans la province Makamba par 5 terroristes-génocidaires du CNDD-FDD. Ce mouvement n'aurait pris, selon les deux hommes, que les médicaments que transportait la clinique mobile qui était constituée par Mme Henriette Manishimwe, Mlle Gaudence Simbabaje, Mlle Immaculée Gahimbare, Mlle Jeanine Inarukundo, M. Sébastien Karenzo et le chauffeur Arubu Rajabu. D'après un autre responsable de la même ONG, le prétexte officiellement avancé par le CNDD pour prendre en otage les 6 agents est que leur ONG intervient "uniquement dans les régions contrôlées par l'armée nationale, au détriment de celles temporairement contrôlées par ce mouvement".
Pour la direction de cette ONG, la libération des 6 agents est le fruit de très longues négociations avec le mouvement ravisseur, en Europe, en Afrique avec l'appui de certaines ambassades occidentales. D'autres organisations comme le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et le Catholic Relief Service (CRS) ont grandement contribué à l'aboutissement heureux de cette prise d'otages qui, malgré les dénégations officielles de la direction de MEMISA-COPED, aurait été facilitée, selon plusieurs sources concordantes, par le versement d'une rançon de 12.000 dollars américains (soit 2.000 dollars par agent kidnappé). Rappelons au passage que cette technique de prise d'otages est fréquemment utilisée par le CNDD-FDD, tout comme le PALIPEHUTU-FNL, pour se faire un peu d'argent : on ne compte plus en effet les nombreux Burundais dont les familles ont dû verser des millions de FBu pour obtenir la libération des leurs enlevés sur l'un ou l'autre axe routier par les "combattants" de ces mouvements qui ne cessent d'endeuiller le Burundi.
