NET PRESS
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Burundi - Processus de paix.
Le chef de l'Etat rencontre les opérateurs économiques ...
Bujumbura, le 17 août 2001 (Net Press). Le chef de l'Etat, M. Pierre Buyoya, a tenu une "réunion de travail" hier 16 août 2001 avec les opérateurs économiques burundais à l'hôtel Novotel, de 15h 20' à 18h. En fait, le président Buyoya voulait, selon ses propres mots, les informer du pas déjà franchi dans le processus de paix inter-burundais et échanger avec eux à ce sujet. Il a rappelé brièvement comment on est parvenu à sa désignation comme président de la 1ère tranche de la transition et celle de Domitien Ndayizeye comme son adjoint pendant la même période, en soulignant que ce sont les chefs d'Etat de la région qui se sont opposés au tandem Bayaganakandi-Ndayizeye. Selon lui, cela a été une "véritable et dure compétition" dont il est sorti vainqueur. Et d'appeler tous les Burundais, y compris ses anciens challengers à accepter ce verdict et à regarder plutôt vers l'avenir car "il y a d'autres échéances politiques importantes". Il a invité les opérateurs économiques à ne pas prendre comme prétexte les changements qui interviendront d'ici peu pour ne plus prendre d'initiative : "il faut travailler dur pour le développement de notre pays, et nous, nous sommes là pour vous épauler", leur a expliqué en substance le chef de l'Etat.
Après son mot liminaire qui a duré un peu plus d'une heure, les participants ont posé quelques questions que l'on pourrait ainsi résumer : "Et s'il arrivait que les 18 mois vous impartis touchaient à leur fin sans que le cessez-le-feu ait été obtenu? Ne pensez-vous pas qu'il serait plus judicieux, afin de ne pas perdre inutilement de temps, de donner un délai de 2 mois par exemple au Frodebu qui est dans votre gouvernement mais qui est connu aussi comme ayant donné naissance à ce qu'on appelle aujourd'hui "rébellion" pour qu'il trouve une solution à ce problème?", "Que viendront exactement faire les forces d'interposition?", "18 mois c'est trop peu. Cela ressemble à préparer une remise et reprise. Ne pensez-vous pas qu'il faille bien préparer cette remise et reprise pour qu'elle se passe bien et qu'elle ne ressemble pas à celle de feu Ndadaye, car, visiblement, celle-là n'était pas bien préparée?".
Le président Buyoya a indiqué qu'il n'est pas certain que le Frodebu puisse arriver à quoi que ce soit concernant le cessez-le-feu. Il a ajouté qu'il se pourrait qu'il n'y ait pas de cessez-le-feu au bout des 18 mois et "militairement parlant, quand vous n'atteignez pas votre objectif, vous ajustez votre dispositif".
Concernant les "forces régionales", il a déclaré que le gouvernement souhaite la venue de 1000 à 2000 hommes "qui seront là juste pour observer l'application du cessez-le-feu et pour le maintien de la paix". "Cela ne devrait pas inquiéter les gens, car même son commandement sera conjointement assuré par le Burundi et l'ONU", a fait remarquer le président Buyoya. Au sujet enfin de la remise et reprise, il a admis que "18 mois, c'est peu mais cela constitue un pas vers l'avenir". Il a conclu la rencontre en soulignant que lui-même n'a aucune certitude que les choses iront bien, et notamment pour la désignation du vice-président de la 2ème tranche de la transition, mais que tout le monde est appelé à faire de son mieux pour le retour à la paix et à la stabilité. Il a néanmoins regretté que ceux qui sont compétents refusent parfois de collaborer ou de coopérer, et alors là, des incompétents tirent profit de leur militantisme et accèdent à des postes de responsablité. "Mais là, dès qu'on s'en aperçoit de la supercherie, il y a automatiquement remaniement ministériel".
Au sortir de la réunion, certains opérateurs qui n'avaient pas pu prendre la parole (tellement, le temps était compté pour la séance des questions!), se sont demandé où iront, au moment du partage des postes, les Hutu qui sont dans les partis du G10 (dits tutsi) ou les Tutsi qui sont dans les partis du G7 : "un Hutu, fût-il de l'Uprona ou de l'Abasa, peut-il prendre la place réservée aux Tutsi dans les institutions de transition? De même, un Tutsi peut-il prendre la place des Hutu, même étant du G7?", autant de questions qui, selon un participant, montrent que le partage du pouvoir ne sera pas facile et qu'en définitive, les quotas 60%-40% risquent de ne pas être respectés à la lettre.
Burundi - Politique.
Les grands tenors du Frodebu, aile Minani, se rendent au Kenya ...
Nairobi, le 17 août 2001 (Net Press). Les poids lourds du Frodebu dur, tendance Minani, ont pris l'avion ce 15 août 2001 à destination de la capitale kenyane Nairobi. Il s'agit du premier vice-président Frédéric Bamvuginyumvira, du président de l'assemblée nationale Léonce Ngendakumana, de l'ancien président de la République Sylvestre Ntibantunganya, du porte-parole du G7 Charles Karikurubi, du futur vice-président des institutions de transition Domitien Ndayizeye et du député Léonidas Ntibayazi. On ne connaît pas l'objet de cette mission car ils n'ont rien révélé à la presse avant leur départ.
Burundi - Grève.
Les agents de l'institut géographique du Burundi (IGEBU) en grève ...
Bujumbura, le 17 août 2001 (Net Press). Les agents de l'IGEBU, service de l'assistance météorologique à la navigation aérienne, basé à l'aéroport international de Bujumbura ont fait un sit-in ce matin au ministère de tutelle, c'est-à-dire celui de l'environnement. Ces agents réclament leurs salaires du mois de juillet 2001 qu'ils n'ont pas encore perçus jusqu'à présent. Ce qui les étonne le plus, c'est que les autorités de l'IGEBU ont préféré se taire, au lieu d'en aviser les autorités du ministère, alors que ces agents avaient arrêté le travail depuis le 11 août 2001. Les mêmes agents ont révélé que ce n'est pas la première fois qu'un incident du genre arrive à l'IGEBU. Ils avaient même rencontré le ministre de tutelle, M. Jean-Pacifique Nsengiyumva, qui les avait compris et ils s'étaient convenus avec lui que chaque fois que le salaire n'est pas perçu au plus tard le 11 du mois suivant, les agents devaient arrêter le travail, selon ces derniers. Ils ont fait donc ce sit-in pour poser leur problème, non au directeur général de l'IGEBU, mais au ministre de l'environnement, car leur "patron" n'a pas voulu en faire part aux autorités concernées.
Ils accusent en outre leur directeur général, le lieutenant-colonel Manassé Nduwayo, de prélever les différentes taxes sur salaires et de ne pas les reverser à qui de droit puisque, à leur grande surprise, l'IGEBU doit à l'impôt une somme de plus ou moins 48 millions. Ne sachant pas quoi faire, le directeur général a dû payer une partie de cette dette sur le budget de fonctionnement. Ces agents ont donc peur que si l'on n'y prend pas garde, le budget de fonctionnement peut ne pas couvrir toute l'année comme prévu. Le directeur général a indiqué qu'il est descendu de Gitega à Bujumbura pour essayer de suivre de près la question des salaires de ses agents.
Burundi - Justice.
Le colonel charles Ntakije comparaît devant l'auditeur militaire.
Bujumbura, le 17 août 2001 (Net Press). L'ancien ministre de la défense, le colonel Charles Ntakije a comparu ce 17 août 2001 à l'auditorat militaire. Il a été arrêté en date du lundi 16 juillet 2001 et est poursuivi pour "complicité de vol qualifié" au domicile d'un commerçant ouest-africain vivant à Rohero II, avenue Moso. La bagatelle volée (de 90.000 dollars américains et 10.000 rands sud-africains) avait été retrouvée quelques heures après le forfait dans sa voiture de marque Mercedes. Il avait indiqué à la presse qu'il avait prêté cette voiture à son mécanicien (dont il ne connaissait ni le nom ni l'adresse) pour déménagement. Signalons par ailleurs que d'autres procès ont été d'orès et déjà programmés au parquet de Bujumbura pour la rentrée judiciaire prévue pour le début du mois de septembre 2001. La chambre criminelle de Bujumbura a ainsi programmé les procès sur lesquels elle se penchera jusqu'au mois de novembre 2001.
Notons que la justice burundaise a déjà élargi une trentaine de prisonniers au cours de la période qui s'étend de janvier à juillet 2000 et a déjà octroyé environ 60 libertés provisoires dans la même période. Signalons enfin que la direction de la prison centrale de Mpimba vient de changer de main. Le lieutenant-colonel Simaque Kobako vient de succéder à M. Adrien Ntiroranya, ancien inspecteur des prisons. La procédure de remise et reprise est en cours depuis au moins une semaine.
Dans le cadre de l'initiative mondiale d'éradication de la poliomyélite, le Burundi organise les 5èmes journées nationales de vaccination contre la poliomyélite, du 20 au 24 août 2001 pour le premier passage et du 24 au 28 septembre pour le 2ème passage.
La particularité de ces 5èmes journées est l'utilisation de la stratégie "porte-à-porte" pour la ville de Bujumbura et les chefs-lieux des provinces afin d'atteindre la totalité des enfants âgés de moins de 5 ans. Ces 5èmes journées répondent à un impératif de prévenir le risque de réintroduction du virus de la poliomyélite au Burundi à partir des pays voisins. En effet, le Congo Kinshasa, le Congo Brazzaville et l'Angola regorgent encore d'innombrables cas de polio-virus.
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