RUGAMBA-NET PRESS

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Lettre ouverte à tous les acteurs politiques du Burundi

par les Associations de Lutte contre le génocide et pour la Promotion des Droits de l'Homme au Burundi basées en Afrique, en Europe et en Amérique.

 

Mesdames, Messieurs, 

Nous, membres des Associations de Lutte contre le génocide et pour la Promotion des Droits de l'Homme au Burundi basés en Afrique, en Europe et en Amérique, avons appris la perfide rencontre du 9 janvier 2001 à Libreville, au Gabon, entre le Major Pierre Buyoya et le Chef des sinistres FDD Jean Bosco Ndayikengurukiye, en présence du Président 
Kabila de la RDC et sous l'égide du Président Bongo du Gabon. 

Cette rencontre qui s'ajoute à beaucoup d'autres scélérates accointances similaires constitue une démonstration supplémentaire de la désolante et irresponsable légèreté avec laquelle le Major Buyoya traite des problèmes aussi complexes et d'une si haute portée politique nationale et régionale. 

En témoigne aussi, s'il en était encore besoin, l'autre rencontre à Majorque (Espagne) entre les partis tribalistes du G7 et les bandes armées, laquelle prouve que la carte Ndayikengurukiye n'est que le "joker" que le G7 joue dans l'ensemble de son jeu de cartes. Ndayikengurikiye n'étant donc pas le vrai meneur de ce jeu, une entente avec lui ne conduit à rien et le Major Buyoya, qui est loin d'ignorer cette triste réalité, n'est qu'un complice de la politique malsaine du G7 et de toute sa mouvance. 


Il est donc bien clair que ce nouvel acte de trahison du Major Buyoya ne relève point de la simple naïveté qu'une certaine opinion mal informée lui avait toujours attribuée à tort, mais qu'il participe plutôt d'une stratégie politique d'un machiavélique filou qui, dans ses 
airs débonnaires et angéliques, ne cherche qu'à se maintenir au pouvoir au prix de multiples compromissions et au mépris profond des milliers de Barundi victimes de ces criminels qu'il érige en partenaires au gré de son agenda politique. 
La rencontre de Libreville s'inscrit dans la même logique que celle de San- Egidio, car elle est malheureusement plus destinée à consolider le pouvoir de Buyoya qu'à ramener une quelconque paix au Burundi. Pour ceux qui en douteraient encore, nous voudrions attirer leur attention sur les similitudes entre les deux rencontres. 

En effet, la rencontre de San- Egidio a eu lieu au moment où le nouveau pouvoir putschiste battait de l'aile à cause de l'embargo qui lui était imposé par les pays voisins. Le caractère caché de cette rencontre ainsi que les résolutions issues de ces contacts ont prouvé que Buyoya ne cherchait que son acceptation par la "communauté internationale" et non 
la paix au Burundi. La suite des événements ne fait que confirmer notre assertion puisque Buyoya a consolidé son pouvoir alors que la paix s'éloignait de jour en jour de notre chère patrie. En parfait fossoyeur de la paix comme de l'unité des Barundi, Buyoya a créé le partenariat avec les tueurs et génocidaires pour s'assurer que personne ne puisse un 
jour lui contester le pouvoir et il continue depuis à régner sur les ruines de notre beau pays. 

Quant à la rencontre de Libreville, elle a eu lieu alors que les faux accords d'Arusha sont dans l'impasse parce que leurs signataires n'arrivent pas à se mettre d'accord ni sur les textes qu'ils ont négociés depuis plus de trois ans, ni sur les leaders capables de sortir 
le pays des mains des génocidaires qui ensanglantent le pays depuis plus de 7 ans et sur les putschistes de 1993. En dépit de cette lamentable situation dont il porte une très grande 
responsabilité, le Major Buyoya, toujours le même, trouve qu'il est le seul autorisé à briguer le mandat de diriger cette fameuse "transition" entre le génocide à compte gouttes d'aujourd'hui et le massacre complet du reste des Tutsi et Hutu opposés à l'idéologie génocidaire du Frodebu et de ses acolytes. 

Il est important de remarquer que le Major Buyoya n'avait jamais jugé bon de rencontrer Ndayikengurukiye pour arrêter le massacre des innocents sauf quand il s'est agi de sauver son pouvoir qui risquait de lui échapper suite à l'application des Accords d'Arusha. Tout 
observateur avisé se rend compte que les mobiles de cette rencontre tout comme ceux de San-Egidio, sont tout sauf ramener la paix au Burundi. 

Mesdames, Messieurs les acteurs politiques, 

Notre intime conviction est que toutes les démarches antérieures dites de paix entreprises par le Major Buyoya depuis San Egidio, en passant par Mwanza jusqu'à Arusha n'ont été que des compromissions qui s'inscrivaient systématiquement dans la même logique de légitimer les groupes des terroristes armés, de fragiliser la paix et la sécurité dans le pays, de brader la souveraineté du pays et tout cela dans le but ultime de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible. 

Nous constatons avec une très grande amertume que Buyoya vient de fournir une preuve supplémentaire qu'il a érigé le mensonge et la tricherie en système de gouvernement et que cela devrait conduire tôt ou tard à l'humilier et à humilier le pays. A titre d'exemple, il avait 
toujours juré par tous les noms au peuple et à la communauté internationale que ses forces armées n'étaient pas engagées dans le conflit en RDC et il vient aujourd'hui d'en faire, littéralement à genoux, un piteux aveu devant celui-là même qu'il était censé combattre. 
C'est dans ce contexte d'extrême humiliation que nous apprécions hautement et appuyons sans réserve la ferme volonté des forces vives du pays, de la société civile, de la classe politique et d'une partie importante des partis politiques officiellement agrées, de débarrasser le pays de ce dirigeant de pacotille. 

Nous sommes absolument convaincus de la nécessité pour le Burundi de se doter maintenant d'un leadership plus clairvoyant pour amorcer un dialogue franc et fraternel entre tous les burundais en vue de renégocier les bases d'un nouveau contrat social en réponse aux réalités du moment, eu égard notamment à la déchirure du tissus social, à la 
rupture de la confiance en matière de coexistence pacifique et à la persistance de nouvelles et fortes solidarités malfaisantes qui ont mis à rude épreuve le traditionnel mythe de la multiséculaire nation burundaise. 

C'est pour toutes ces raisons que nous voudrions en appeler à votre sens du devoir envers le peuple burundais pour vous associer à nous afin de : 

1. condamner avec la plus grande énergie le nouvel acte de haute trahison perpétré par le Major Buyoya en se livrant à de conciliabules aussi dangereux que dégradants avec Monsieur Ndayikengurukiye, chef des fdd, l'une des principales bandes de criminels qui endeuillent quotidiennement le pays,

2. dénoncer fermement l'immorale association du major Buyoya avec le Président Kabila de la RDC, l'un des principaux maîtres des génocidaires burundais qui se trouve être aussi, non seulement le plus grand promoteur et financier de Monsieur Ndayikengurukiye, mais aussi le premier responsable notoirement connu de la chasse aux tutsis à Kinshasa 
en 1998, 

3. contraindre le Major Buyoya à reconnaître sa défaite et à démissionner immédiatement de toutes ses fonctions politiques, civiles et militaires afin de laisser la chance à une alternance pacifique et digne, 

4. s'engager, au nom du peuple burundais et avec les forces vives et  patriotiques du pays, la classe politique, la société civile, d'autres acteurs et observateurs nationaux, à crier haut et fort pour faire comprendre au monde que, par ce nouvel acte de haute trahison, le Major 
Buyoya a désormais perdu toute légitimité de le représenter, 

5. lancer un appel à la précaire secte Rukingama, qui est et demeure aujourd'hui le seul et unique soutien politique du Major Buyoya sur l'échiquier politique national, de prendre ses distances avec lui et de rejoindre sans plus tarder les rangs de l'Uprona, 

6. sensibiliser le médiateur Mandela et de solliciter sa compréhension en ce qui concerne la nécessité de doter le Burundi d'un leadership sérieux et disposant des atouts et garanties nécessaires pour affronter, avec plus de chance de succès, les immenses et complexes problèmes de l'heure. 

Face au danger que court le pays en ce moment, nous voudrions enfin vous convier à réfléchir en vue de dégager des alternatives possibles pour clarifier un nouveau mode de coexistence pacifique dans un cadre démocratiquement concerté et négocié qui assure la paix, la sécurité, le respect de l'autre, l'égalité entre tous et l'épanouissement de tous et 
de chacun. 

Dans l'attente d'une action vigoureuse de votre part pour que le Burundi retrouve sa dignité perdue à cause des leaders médiocres et sans scrupules, nous vous prions d'agréer, Mesdames et Messieurs les acteurs politiques burundais, l'expression de nos meilleures salutations et l'assurance de notre considération très distinguée. 

Associations de Lutte contre le Génocide et pour la Promotion des Droits de l'Homme : 
- Benelux: Jean Bosco Kazirukanyo, Président 
- Canada: Salvator Nsengiyumva, Président 
- Suisse: Juvénal Nduwimfura: Président 
- AIPG: Canada: Tharcisse Ntakibirora, Directeur aux relations 
extérieures 
- Sympathisants d'Afrique, d'Europe et d'Amérique. 

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