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Burundi - Politique

29ème anniversaire de l’assassinat du Président Melchior Ndadaye

21 octobre 2022

Tout d’abord, qui est Honorable Pierre-Claver Nahimana ?


Pierre Claver Nahimana, Président du parti Sahwanya Frodeebu

P.C.N.

Pierre claver Nahimana c’est un Burundais, il est né en 1955 dans la province de Ngozi et il a grandi au Burundi. Il a vécu les grandes époques récentes de ce pays. Il a pu faire ses études, il est ingénieur agronome de formation. Il a pratiqué pendant longtemps dans ce secteur, mais aussi ce qu’on a vu ces dernières années, pour la plupart des hommes de métier, ils se sont plongés dans la politique.

En 1987/88, avec la naissance du parti Sahwanya Frodebu, j’ai adhéré très vite à cette formation politique dans laquelle j’ai presté jusqu’à cette heure-ci où je suis le président du parti Sahwanya Frodebu

N.P.

C’est intéressant comme cursus. Vous créez le parti Frodebu en clandestinité en 1986 comme vous le dites souvent qui est agréé au début des années 90. Quelles ont été les motivations et quelles étaient vos références ?

P.C.N.

Oui, tout le monde se souvient qu’à cette époque-là, même avant 1993, on vivait dans un système de parti unique, avec une certaine caractéristique, c’étaient beaucoup plus des régimes militaires. Même si on les appelait des régimes à parti unique, c’étaient beaucoup plus des régimes militaires.


L’ancien président burundais, le Major Pierre Buyoya

N.P.

Mono ethniques même

P.C.N.

On les appelle mono ethniques, mais l’on constate surtout que ces régimes venus après beaucoup de mauvaises choses que l’on avait connues au Burundi, depuis l’assassinat du Prince Louis Rwagasore. Le pays a connu beaucoup de malheurs et cela a culminé en 1972. Il y a eu beaucoup de morts dans le pays, bien entendu cela a continué et le parti Sahwanya Frodebu a été fondé dans ce contexte avec comme objectif de mettre fin à ces spirales de malheurs.

C’était surtout pour rompre avec des régimes militaires, avec des régimes à parti unique pour entrer réellement dans des régimes démocratiques basés sur la démocratie, basés sur le respect des droits de l’homme, basés sur le développement de la Nation, basés aussi sur une entente entre les composantes de la Nation. Voilà, c’étaient les principaux objectifs, cela se manifeste dans les premières déclarations qui ont été faites par le parti Sahwanya Frodebu, déclarations officielles produites devant le ministère en charge d’agréer les partis politiques.

N.P.

A voir l’énergie dépensée par des militants du Frodebu avant et pendant la campagne présidentielle, une certaine opinion a dit que l’un de vos objectifs était de chasser les Tutsi du pouvoir pour y accéder. C’était bel et bien cela ?

P.C.N.

Ce sont des on dit comme vous le dites. On sait très bien qu’à l’époque, effectivement, le pouvoir était dans les mains surtout des régimes militaires qui étaient dirigés par des officiers essentiellement tutsi, ça c’est une réalité. Donc un des objectifs du parti Sahwanya Frodebu était de mettre en place une armée et un service de sécurité dans lesquels tout le monde se trouve, toutes les ethnies se trouvent pour diminuer les tensions.

Ce n’était pas nécessairement pour dire, voilà, on chasse les Tutsi, ça c’est l’opinion. Aussi, un autre objectif c’était d’amener des régimes issus des élections, des partis…, amener le multipartisme au Burundi. Vous savez lorsque vous créez des partis politiques, les Tutsi, les Hutu tout le monde ne peut pas entrer dedans. C’est ça plutôt l’objectif qui reste d’ailleurs d’actualité.

On ne pourrait pas dire qu’on chasse les Tutsi pour mettre uniquement des Hutu, ça ne pourrait pas marcher. Même si quelqu’un avait cette chose dans la tête, ça ne pourrait pas marcher facilement.

N.P.

Une certaine opinion, corroborée par les anciens réfugiés, dont feu François Ngeze, qui vient de mourir malheureusement, estime que votre maître à penser était l’ancien président du Rwanda, Juvénal Habyalimana, d’autant plus que la plupart des gens qui ont créé le Frodebu avaient trouvé asile au Rwanda, d’où l’opinion qu’avec Habyalimana, c’était plutôt la chasse aux Tutsi. C’est de là que vient l’opinion en fait.

P.C.N.

L’histoire du Rwanda et celle du Burundi ont des relations qui s’influencent mutuellement. Cela on le sait très bien dans toute l’histoire de ces deux pays. Ces deux pays frères, lorsque l’un a des problèmes, l’autre risque aussi de les avoir, surtout qu’ils sont des problèmes à caractères sociaux. Cela on le sait. Mais dire que c’est Habyalimana qui aurait influencé la politique du Frodebu, ceci est faux, surtout lorsque c’est dit par quelqu’un comme François Ngeze.


Melchior Ndadaye, futur Président élu de la République du Burundi

Je le connais très bien, il était membre du Palipehutu. Donc ce n’est pas une personnalité comme celle-là qui était du parti Palipehutu. Vous comprenez que ce qu’il dit, vous le prenez avec de pincettes. Le parti Sahwanya Frodebu a été créé par des amis, par Melchior Ndadaye qui deviendra plus tard héros national de la démocratie et plus tard, il a démontré que sa vision n’était pas ethniste, ce sont des racontars.

N.P.

Il se disait également qu’il y avait le Palipehutu qui vous a formé, le Parmehutu de Grégoire Kayibanda, toute une litanie, on ne peut pas y revenir. Ce sont des on dit comme vous dites. Quand le Frodebu a été créé, l’impression et qu’il a placé toute sa confiance en une seule personne qui s’appelle Melchior Ndadaye. Je vois là un signe de faille parce que pour preuve, après la mort subite du président, le Frodebu a perdu les pédales comme on dit.

P.C.N.

Non non, ce n’était pas une erreur parce que quand vous vous placez à l’époque, quand le Frodebu a été fondé, il n’y avait pas de Frodebu avant. Donc le Frodebu n’a pas placé beaucoup d’espoir dans une personne puisqu’il n’existait pas. Melchior Ndadaye a fondé le Frodebu, il a fait confiance dans cette formation politique. C’est ce qu’il faudrait plutôt dire.


Melchior Ndadaye en pleine campagne présidentielle

Vous savez, Ndadaye a provoqué une réaction, un mouvement de masse, un mouvement de libération, un mouvement qui dit, écoutez, ce qu’il dit est vrai, nous voulons un pays démocratique, nous voulons un pays où le multipartisme s’impose, nous voulons un pays où, effectivement, les forces de sécurité appartiennent à tout le monde, appartiennent au peuple, appartiennent à la République et non qu’elles soient au service d’un régime.

C’est cela ce qu’il a enseigné. Effectivement, il l’a fait on l’a vu, il y a eu des élections et sa vision a remporté. Vous dites, après lorsqu’il a disparu, le Frodebu a eu des difficultés. Le problème ce n’est pas le Frodebu, le problème est de savoir si tout ce qu’il a enseigné, tout ce qu’il a voulu a disparu ? La question est là. Les partis, ils viennent ils peuvent disparaître, mais ce qu’il a enseigné, est ce qu’il a disparu ?

Ça reste d’actualité. Donc avant Ndadaye, ce n’était pas comme ça et après lui, voyez ce qu’il a enseigné. Regardez l’armée, regardez la police, regardez les élections même si c’est critiquable, regardez les partis politiques, le multipartisme, donc la plupart des choses qu’il a enseignées sont là même si c’est critiquable.

N.P.

J’ai personnellement rencontré des gens qui étaient dans des partis de la mouvance, du PP notamment, qui m’ont dit que contrairement à ce que l’on croit, Ndadaye était un homme têtu et qu’il ne pouvait pas accéder à un second mandat. Mais au fait, qui était Melchior Ndadaye selon vous ?

P.C.N.

C’était un homme très fort. Souvent, les hommes forts on les appelle des hommes têtus. C’était un homme qui avait un idéal à défendre. Il l’a montré. C’était un homme qui voulait aller loin, c’était un homme qui savait enseigner beaucoup. Ce qu’il croyait, il le transmettait, il l’enseignait parce qu’il était de formation d’enseignant, d’éducateur. Il avait cet aspect-là pour convaincre les gens sur ce qu’il croyait. C’est la raison pour laquelle on disait qu’il était têtu.

Lorsqu’il croyait en une chose, il y allait, il ne s’arrêtait pas. Maintenant dire que même si on ne l’avait pas tué, il se serait arrêté, je ne sais pas…bon, lorsque vous devenez un homme politique, attendez-vous à des critiques positives et négatives. Moi je trouve que dire que quelqu’un est têtu, ce n’est pas grave, pas du tout grave, pourvu que vous ayez un idéal dans lequel les gens peuvent croire.

N.P.

D’autres sources disent que quand même le président Ndadaye n’a pas su apprécier la situation. Pour ces dernières, il aurait d’abord combattu pour entrer dans les institutions à caractère politique, comme l’assemblée nationale, le sénat, voire le gouvernement avant de lutter directement pour la fonction suprême, en d’autres termes, sauter de la banque au fauteuil présidentiel. Quel est votre avis ?

PCN

Sur le côté sécuritaire, on peut accorder un crédit à ces avis parce qu’effectivement, affronter la situation telle qu’elle était au niveau sécuritaire, c’est-à-dire une armée mono ethnique, et une armée très forte qui n’a jamais connu de multipartisme, qui n’a jamais connu de civils qui gouvernent, aller l’affronter et dire c’est maintenant un civil qui doit gouverner à travers les élections, vous vous mettez à côté, c’était vraiment osé.


Le Président Melchior Ndadaye assassiné

N.P.

Et de surcroît, d’une autre ethnie.

P.C.N.

C’était vraiment osé. Mais il l’a fait. Appelez cela imprudence ou mauvaise appréciation, c’était un danger réel et lui-même le disait souvent qu’un jour, il risquait d’avoir des problèmes.

N.P.

Il le pressentait déjà ?

P.C.N.

Oui, il disait qu’un jour, on risque d’avoir des problèmes avec cette situation. Mais il faut le faire parce que si l’on ne le fait pas, le pays ne changera jamais. Voilà c’était sa vision, les gens ont suivi, … là nous sommes en train de juger l’histoire parce que les gens qui le disent le font à postériori. Vous comprenez qu’on peut juger quelqu’un comme on veut, mais il a été brave, il a affronté les difficultés.

D’un côté, il a pu atteindre des résultats visibles, d’un autre côté, il y a laissé la vie. Est-ce que ça aurait été mieux si..si..si, parce qu’avec des si, … s’il avait dit écoutez, on va d’abord entrer dans les institutions, dans le parlement, ou quelque chose de ce genre. Ecoutez, regardez ce qui est en train de se passer en Afrique de l’Ouest. Vous pensez que les régimes militaires attentent ?

Même si vous êtes là et que vous avez été mis là-bas, après une longue période d’élections, il y a des régimes militaires qui vous disent niet, on vous enlève. Evidemment, ici on a enlevé et tué, c’est une autre affaire.

N.P.

Et on connaît les conséquences. Sinon il y a un constat. Dans notre pays, la conviction politique chez les hommes politiques n’y est pratiquement pas parce que quand il y a émergence d’un parti politique, il y a automatiquement des fissures. Je fais allusion à l’Uprona, je fais allusion au Frodebu. Il y a actuellement beaucoup de formations politiques qui se réclament de Ndadaye, à l’Uprona c’est la même chose, même au Cndd-Fdd au pouvoir. Il y a des frondeurs. N’est-ce pas un problème de compréhension ou de maturité politique dans notre pays ?

P.C.N.

Vous savez, ce n’est pas un cas particulier pour le Burundi. Regardez même en France. C’est la France qui a officiellement enclenché le mouvement de la démocratisation en Afrique. Vous voyez ce qui se passe là-bas ? Les partis se brisent souvent, on atteint des degrés incompréhensibles.

Maintenant le cas particulier du Burundi. Je crois que c’est la réalité. Effectivement, cela vient de quoi d’abord ? On n’a pas de culture démocratique. On est dans des essais et erreurs. On se rend compte que des gens se lancent dans la politique sans grande conviction, surtout pour rechercher des biens matériels que l’on peut avoir immédiatement.

Et lorsqu’on ne les reçoit pas immédiatement, on quitte. C’est la raison pour laquelle vous observez certains mouvements où certains disent, bon je vais dans un parti qui est au pouvoir ou qui est sur le point d’y arriver, des choses du genre. Cela veut dire que la conviction politique c’est sur les idéaux politiques et souvent, vous allez constater qu’au niveau des partis politiques, il faut aller chercher loin.

Est-ce qu’il y a des programmes politiques sur lesquels se base le développement du pays et qui font la conviction de ceux qui y adhèrent ? Le problème se trouve à ce niveau. Je crois qu’il faut essayer d’améliorer de ce côté-là. Sinon pour le moment, on n’y est pas encore. C’est un problème de conviction politique, c’est un problème d’idéologie, d’orientation du développement social qui manque au niveau de certaines organisations politiques. Au niveau des populations qui doivent adhérer à ces organisations politiques, elles n’ont pas de convictions précises et elles seraient prêtes à aller n’importe où.

N.P.

Les populations, quand nous leur donnez pas à boire, elles ne vous suivent pas. C’est un problème réel. Sinon avec la situation actuelle du Frodedu, vous pensez un jour revenir aux affaires par voie démocratique ?

P.C.N

D’abord nous souhaitons, nous prions que les choses aillent dans le sens du développement de la démocratie. C’est pourquoi nous souhaitons qu’en aucun cas, on retourne dans les régimes de coup d’Etat parce que si l’on y retourne, cela va être comme dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest. Les coups d’Etat sont devenus la règle.

J’espère qu’on ne va pas retourner là-bas. Tant qu’on ne retourne pas là-bas, le Frodebu est à l’aise. Il travaille, nous savons que c’est dur, mais nous avons cette ambition de continuer à travailler très durement pour que les années prochaines, nous soyons plus visibles, plus participatifs dans la vie du pays à travers les institutions

Maintenant, lorsque vous dites au sommet, cela veut dire la présidence de la République là effectivement, nous le souhaitons mais nous sommes réalistes, ce n’est pas dans une élection ou deux que nous allons devenir président de la République. Mais le pouvoir, s’il est bien mené dans notre pays à travers la démocratie, le pouvoir s’exerce à plusieurs niveaux.

Dans le législatif notamment, dans l’administration, on peut être présent à travers les élections qui vont venir progressivement jusqu’à atteindre des niveaux que nous souhaitons.

N.P.

Mais le problème est qu’il y a risque des crocs-en-jambe entre les rivalités politiques au niveau du Frodebu par exemple. Vous voulez émergez, il y a d’autres qui disent non, pourquoi celui-là ? Ce sont des coups politiques qui existent.

P.C.N.

On ne peut pas éviter ce genre de coups. Partout dans le monde, que ce soit au Frodebu, à l’Uprona, au Cndd-Fdd, tout ce que vous voulez, même en Europe, c’est connu ça. Donc dans les partis politiques, il y a toujours des crocs-en-jambe pour que quelqu’un se hausse jusqu’au sommet, on le sait. Mais cela est un jeu que l’on connaît très bien mais pour lequel régulièrement nous prenons des mesures pour que ça ne déborde pas complètement.

Cela nous le faisons, je ne peux pas nier qu’il y a un problème là chez-nous. Mais comme on est averti que ce sont des problèmes qui existent, on ne peut pas les faire disparaitre dans le monde, nous mettons des mécanismes nécessaires pour que ce soit pas trop nuisible.

N.P.

Il y a le président Ndadaye qui est assassiné. Dernièrement, il y a quelques années, il y a eu des condamnations, mais vraiment assez tardives à propos de la mort du président. Est-ce qu’on peut dire que la justice pour Melchior Ndadaye a été satisfaisante, ne fut-ce que pour les membres du parti Sahwanya Frodebu ?

P.C.N.

Est-ce que la justice burundaise est satisfaisante pour la Nation Burundaise d’abord ? Avant de parler du Frodebu. Effectivement, ça fait longtemps que le président Ndadaye a été assassiné. Tout au long des régimes qui se sont succédé, il y a eu des semblants de procès pour régler ce problème. Vous savez, ce problème, l’assassinat du président Melchior Ndadaye était politique, ce n’était pas l’assassinat d’un simple citoyen où on va devant le tribunal et on expédie l’affaire.

Ce genre de procès est très compliqué, surtout quand on nage encore dans des problèmes politiques. Alors c’est ce qui s’est passé. Maintenant, le jugement qui vient de se passer, on a vu que, on a dit attention, les putschistes sont ceux-ci et ceux-là. On est monté à des niveaux plus hauts. Au Frodebu nous avons dit, ah, puisqu’on monte plus haut, au niveau du Frodebu, on commence à avoir de la lumière. C’est déjà ça.

Nous n’avons pas dit que nous sommes satisfaits car cela ne suffit pas, il y a le fait d’apporter des choses que la justice a vues et les apporter devant les populations, cela n’a pas été fait et leur dire, ça, c’est le côté politique de l’affaire, voilà ce qui s’est passé. Cela n’a pas été fait. Il fallait le faire devant tout le monde, toutes les composantes de la Nation, ethniques et régionales pour leur dire voilà ce qui s’est passé.

S’il vous plaît, il faut que ça nous serve de leçon pour que nous ne continuons pas à nous rentrer dedans. Cela est plus compliqué. Alors il faut que, effectivement, si ça se passe comme ça, il y est aussi les indemnisations de ceux qui ont été lésés comme le Frodebu. Et cela ne s’est pas fait. Donc vous comprenez que ce n’est pas fini.

Il faudra qu’on fasse des efforts dans le cadre de la réconciliation nationale pour qu’on puisse aller plus loin et pour qu’une grande partie de la population dise ça va, on a compris. Voilà ce qui s’est passé, tout le monde s’y retrouve. On n’est pas en train de mettre les pieds sur quelqu’un, il faut que ça se passe dans de bonnes règles juridiques et politiques.

N.P.

Sinon, quelles sont les leçons ou l’héritage que nous tirons du combat politique de Melchior Ndadaye ?

P.C.N.

Alors, l’héritage, il est clair. L’héritage du combat du président Melchior Ndadaye, c’est un grand héritage pour le pays puisque de toutes les façons, il a été reconnu comme héros national de la démocratie burundaise. C’est également cet esprit qu’il a transmis aux Burundais pour leur dire écoutez … et la majorité des Burundais y croient. Il faut que soyons dirigés par des régimes démocratiques.

Voilà, je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui des Burundais qui disent qu’il faut qu’on retourne dans des régimes militaires. Il y en a très peu en tout cas. Ça c’est déjà un grand héritage sur la population. L’autre héritage est de montrer aux Burundais qu’ils peuvent être libres s’ils le veulent s’ils se mettent ensemble, s’ils ne se cachent pas.

On leur disait « Susuruka », cela signifiait, mais comment est-ce que vous pouvez rester comme ça ? Ouvrez les yeux, il faut que vous soyez des hommes et des femmes de parole. Ça c’est un héritage. Et vous constatez que si vous refusez la parole à quelqu’un dans une réunion, regardez les femmes même maintenant, c’est la bataille pour la parole. C’est l’héritage de Ndadaye.

Maintenant est-ce que cet héritage est respecté complètement ? Ca c’est une autre question. Mais je dois dire que Monsieur Ndadaye s’est battu pour la liberté au Burundi. Et l’héritage qu’il nous a laissé est très important, non pas seulement pour le Frodebu, mais pour toute la Nation burundaise.

N.P.

Monsieur le Président, je vous remercie.

P.C.N.

Je vous remercie aussi.

Propos recueillis par Jean Claude Kavumbagu

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